lundi 4 novembre 2013

Tentative de coup d’Etat, Attaque d’Agban en octobre 2011/ Un officier avoue tout à la barre



Le procès des 21 gendarmes arrêtés suite à l’attaque du camp d’Agban se poursuit au tribunal militaire d’Abidjan, au Plateau. Et les choses se compliquent d’avantage pour le cdt Abéhi qui serait à l’origine du putsch manqué d’octobre 2011.

Les langues se délient au fur à mesure que l’on avance dans le procès  qui convient d’appeler l’affaire «du Cdt  Abéhi » ouvert le 15 mars dernier  au tribunal militaire d’Abidjan. Cet officier supérieur a été, sous l’ère Gbagbo, le patron du groupe d’escadron blindé (Geb) basé à la caserne de gendarmerie d’Agban. A la barre du tribunal militaire d’Abidjan (Tma), Hier (jeudi 22 mars 2012), le lt-N’Guessan Dorgélès  a soutenu qu’il était au courant du message émis par le cdt Jean Noel Abéhi les invitant (lui et les autres) à « finir le travail et libérer le pays ». la suite on la connait. Des tirs nourris ont été entendu dans la nuit du 14 au 15 octobre 2011 au camp d’Agban. « J’étais  informé du message radio diffusé par le cdt Abéhi.  J’étais en contact téléphonique avec l’un des ces proches. Avant l’attaque, le cdt Abéhi m’a joint au téléphone deux fois. Et après je n’ai plus eu de ses nouvelles», a déclaré le lt- Dorgelès.
Pour ce procès retenons trois choses. Premièrement : tous les 21 gendarmes accusés par le procureur militaire sont passés hier à la barre. Deuxième : parmi les prévenus, quatre sont directement mis en cause pour les faits d’atteinte à la sureté de l’Etat et de trouble à l’ordre public. Il s’agit du lt N’Guessan Dorgélès, des mdl /c Anzouan N’Guettia, Zéhé Bi François et du mdl Kotia Samson. Les 17 autres gendarmes sont inculpés par le commissaire du gouvernement pour les faits de détention illégale d’armes de guerre et de violation de consignes.  Il s’agit des mdl/c Bah Séhoué Jean Marc, Djoman Billy, Koutouna Abrogoua, N’Guessan Marc Florent, Akpa Akpess Hervé, Koussi Atonio Demiser, Beugré Lacoste, Bédi Dogbo, des mdl Ano Longotché Stéphane, Ninignon Laurent, Méyan Abolin Jean, Kéyou  Hugues Patrick, Aka Anoh Jean Jaures et Ouattara Souleymane Kiyali.  Troisième : les 21 gendarmes poursuivis ont changé de stratégie de défense. Les mdl /c Anzouan N’Guettia, Zéhé Bi François ont juré qu’ils n’étaient pas présents lors de l’attaque et que c’est le lendemain samedi vers 11h lorsqu’ils sont arrivés au camp qu’ils ont eu l’information. Ils sont étrangers au message diffusé sur le réseau par le cdt Aéhi, selon eux.  Qu’à cela ne tienne. Le lendemain de l’attaque de cette caserne de gendarmerie, des perquisitions dans tout le camp ont permis la découverte et la saisie de plusieurs kalachnikovs Ak 47, des grenades, des munitions, des chargeurs. Ces armes de guerre ont été prises dans les domiciles des 21 gendarmes. Ainsi, pour les faits de détention illégale d’armes de guerre et de violation de consignes, les 17 mis en cause ont indiqué au président du tribunal, Kouakou Georges, qu’ils les détenaient pour accomplir leur service. « Ce sont nos dotations. Lorsque le comandant supérieur de la gendarmerie a demandé de réintégrer les armes nous l’avons fait. Mais l’adjudant compagnie qui nous a redonné les armes pour le service. Il faut dire que le message du commandant t supérieur est passé difficilement puisque certains camarades n’avaient pas l’information concernant la réintégration des armes », ont-tenté de convaincre les accusés lorsqu’ils passaient à tour de rôle devant la barre.  Le président du tribunal  ordonné un supplément d’informations. Il s’agit de la vérification des appels téléphoniques émis par les prévenus dans la nuit du 14 au 15 octobre 2011, de l’audition d’autres témoins et de la mis en route de commissions rogatoires confiées aux officiers de police judiciaires (Opj) notamment ceux de la police criminelle. Il est question de faire des réquisitions auprès des compagnies de téléphonies cellulaires pour procéder à des relevés. L’audience a été renvoyée à jeudi prochain pour le retour de l’enquête complémentaire. 

Ouattara Moussa




Les choses se compliquent pour le cdt Abéhi qui serait le commanditaire de l'attaque de la caserne d'Agban


Attaque contre le camp de gendarmerie d'Agban en octobre 2011

Bonjour à tout le monde. Je viens e finir ma réunion hebdomadaire de conférence de rédaction. Comme promis je vous propose dans les minutes qui font suivre de revire le procès des 21 gendarmes accusés par le procureur militaire d'avoir attaquer la caserne de gendarmerie d'Agban dans la nuit du 11 au 12 octobre 2011. L'audience s'est ouverte le 15 mars 2012 au Tribunal militaire d'Abidjan (Tma) à la tour A, 17ème étage, au Plateau. Moi, j'y étais pour couvrir le procès pour mon journal Nord-Sud Quotidien.

NB: Nous n'avons pas pu faire des photos car nous n'avons pas été autorisés par le commissaire du gouvernement. Cependant, nous allons illustrer nos différents comptes rendus avec des photos d'archives en rapport avec le procès.  

dimanche 3 novembre 2013

Cocody/ Attaque à main armée à Angré-Château

Deux braqueurs abattus par le Ccdo

Ils ont échoué dans leur entreprise criminelle. Deux bandits ont été abattus sur le coup lors des échanges de tirs entre les malfrats et l’équipage (G44) du Centre de coordination des décisions opérationnelles (Ccdo) alerté par le voisinage. Le hold-up manqué s’est déroulée hier à 1h30 à Angré-Château, un quartier de la commune de Cocody. Inutile de préciser que les chenapans ne possédaient aucune pièce permettant de les identifier. Les corps sans vie des malfaiteurs étalés sur le macadam gisaient dans une marre de sang. Les gris-gris et les amulettes, attachés au niveau des hanches et qui leurs donnaient l’impression d’être invulnérables, les ont trahi. Vêtus de pantalons "Jean" de couleur bleue et dressés sur des tee-shirts de couleur noir, ils  ont été abattus par les éléments du lt. LM, chef de patrouille du Ccdo. Selon l’officier subalterne, les gangsters ont reçu les plombs chauds à la poitrine et à la tête. Le gang a été piégé par le système de sécurité installé par la victime. Les malandrins ont escaladé la clôture de M. Ayima. A l’intérieur de la cour, ils ont tenté de fracturé la porte de la véranda. L’alarme s’est déclenchée. Pris de panique, les brigands, armés de pistolets automatiques, prennent la fuite en tirant en air. La mobilité de l’équipage du Ccdo freine les voleurs dans leur course. Ceux-ci ouvrent le feu en direction des hommes du lt. LM. La riposte est fatale. Les bandits sont tués sur le coup. Dans ses premières déclarations, la victime a indiqué aux hommes du cdt Ouattara Issiaka alias Wattao, patron du Ccdo, qu’il a été réveillé par les bruits de pas des scélérats mais surtout la sirène de l’alarme. D’après elle, depuis quelques semaines et à l’approche des fêtes de fin d’année, leur cité est devenue la cible privilégiée des bandits. «Il arrive qu’en pleine journée nous soyons victimes de cas de vol à main armée. Nous interpellons les autorités en charge de la sécurité pour qu’elles nous protègent contre ces attaques de domiciles récurrentes», a plaidé le chef d’entreprise.

Ouattara Moussa  



Enquête/ Accident de la circulation à Abidjan

Qui vole les biens des blessés ?

Ça donne froid dans le dos. Touré Ismaël est victime d’un accident de la circulation juste après le 3ème pont de Yopougon, à proximité du carrefour du Centre hospitalier universitaire(Chu). A bord  de sa camionnette de livraison de marchandises diverses, il a été percuté par un autre véhicule de transport en commun communément appelé "gbaka".  Il est 20 heures ce 21 septembre. Une horde de bambins se rue vers le lieu du sinistre. Alertés, les sapeurs-pompiers militaires tardent à venir. Pendant ce temps, la foule composée de curieux et de badauds grossit. C’est la cohue. «J’ai pu sortir du véhicule. Un groupe de jeunes gens s’est dirigé vers moi. Ils m’ont demandé de me coucher sur le bitume car je saignais abondamment. J’étais presqu’inconscient, mais j’ai pu voir les jeunes gens se diriger vers ma fourgonnette. Ils ont commencé à fouiller le véhicule. J’avais 1,5 million Fcfa emballés dans un sachet. L’argent se trouvait dans la boîte à gant », explique le jeune conducteur. Selon lui, trente minutes après l’arrivée des sapeurs-pompiers, il a été transporté au Chu de Yopougon. La foule se disperse avant son évacuation. «J’ai indiqué aux secouristes que j’avais de l’argent à l’intérieur du véhicule. Après une fouille, le pompier est venu me dire qu’il n’avait rien trouvé. C’est seulement mon téléphone portable que j’ai pu récupérer auprès du service constat lorsque je suis sorti de l’hôpital», ajoute notre interlocuteur qui a déposé une plainte contre x au commissariat de police du 16ème arrondissement. L’enquête est en cours et les présumés suspects continuent de courir.  Comme un effet de mode, deux jours après cet accident, une autre collision impliquant un camion semi-remorque (immatriculé 5722EG01) et un véhicule de transport en commun de marque Mercédès et de type Massa (immatriculé 1749CN0) fait quinze blessés graves. Nous sommes au pk 17, sur l’autoroute du Nord.  Parmi les victimes figurent Gnamien Maxime et Fofana Youssouf.  Ils confient qu’après avoir reçu les premiers soins grâce à la promptitude des sapeurs-pompiers militaires de la caserne de Yopougon, ils ont été évacués au Chu de Cocody. Selon les blessés, leurs téléphones portables de marque Samsung et de type "Galaxy" et des numéraires ont été enregistrés par les soldats du feu avant leur transfert à l’hôpital. «Ils nous ont dit que nos biens ont été remis aux agents du service constat de la préfecture de police. A la sortie de l’hôpital, on s’est rendus là-bas. Mais nous n’avons pas pu rentrer en possession de nos biens. Cela fait presqu’un mois que nous faisons des va-et-vient sans obtenir gain de cause», fulminent-ils en chœur.    

Les victimes dépouillées de leurs biens

Autre lieu, même scène. Le 28 septembre, un accident mortel se produit sur le boulevard Valéry Giscard Estaing à proximité d’un hôtel bien connu à Marcory. Un agent des douanes, en route pour l’aéroport Félix Houphouet-Boigny de Port-Bouët, a été tué sur le coup. Son corps est incarcéré dans sa voiture. La collision s’est produite avec un véhicule de transport en commun (504)  en provenance de Grand-Bassam. Comme des abeilles attirées par le miel, des jeunes gens s’agglutinent autour des véhicules. « Nous sommes arrivés sur le lieu. On a vu que les autres victimes étaient hors de la voiture de transport en commun. Il y avait des gens aux alentours. Des victimes conscientes, avant leur évacuation, nous ont dit qu’elles avaient leurs téléphones portables et d’autres objets tels que des bijoux et de l’argent dans leurs sacs. Séance tenante, on a fouillé les bagages mais on n’a pas retrouvé les biens déclarés. Lorsque les agents du service constat sont arrivés, nous leur avons rendu compte de la situation. Mais nous soupçonnons les premières personnes qui se sont ruées sur le lieu et qui ont fait sortir les blessés du véhicule», accuse Fofana Moussa, secouriste-bénévole. Selon le président de la Mission scientifique des droits de l'Homme et du travail (Msdht), le risque de vols de biens des victimes est élevé lorsque les sapeurs-pompiers et les agents du service constat n’arrivent pas dans les minutes qui suivent l’accident pour sécuriser le théâtre du sinistre. «En tout état de cause, nous prenons la peine d'enregistrer tous les biens déclarés. Nous remettons tous les objets au service constat qui gère la procédure de récupération. Nous, on s'en fout des biens des victimes. Nous intervenons pour secourir les gens dont la vie est en danger », assure-t-il. Du côté du Groupement des sapeurs-pompiers militaires (Gspm), les soldats du feu répètent qu’ils sont attachés à leur devise : "Sauver ou périr". «Notre mission essentielle et  primordiale est de sauver les vies humaines en danger. Nous remettons la liste des biens déclarés par les victimes au service constat avant évacuation. Le reste, ce n’est pas notre affaire », insiste l’adjudant-chef Kouassi Blaise, officier de permanence au Centre de coordination et transmission des opérations (Ccto) du Gspm.

Ouattara Moussa

Lég : Les secours doivent être plus réactifs pour sauver les victimes et sécuriser leurs biens.           

Procès contre le général Dogbo et quatre autres militaires pro-Gbagbo dans l'affaire de l'assassinat du colonel major Adama Dosso

Propos de…

Me Coulibaly Soungalo, avocat de la partie civile :
« Les témoins ont démontré qu’on avait pas une armée »

« Les témoins qui sont venus à la barre, sont tous de la Garde républicaine. Ils sont de la garde rapprochée du général Dogbo Blé. Vous vous imaginez que ces témoins ne peuvent pas dire grand’ chose pour faire avancer le dossier, surtout que le général Dogbo Blé est assis derrière eux. Je pense pour ma part qu’ils n’ont pas voulu dire ce qui s’est passé. Ils sont restés là à tergiverser en faisant du dilatoire. Je pense que le tribunal appréciera très bien leur réaction. Il faut également signaler que de par leur attitude et déclarations, ces témoins ont démontré à la face du monde qu’on n’avait pas une armée. En ce sens qu’ils disent que n’importe quel soldat pouvait se lever et aller accomplir une mission aussi grave que celle que nous sommes en train de juger en ce moment. C’est dommage pour l’armée ivoirienne. Puisque je ne peux pas comprendre qu’une armée organisée puisse permettre à des soldats de rang ou à des sous-officiers d’aller orchestrer des missions d’assassinat sans que les supérieurs soient au courant ».

Me Coulibaly Navigué, avocat de Dogbo Blé :
« Un témoin ne vient pas accuser mais déclarer ce qu’il a fait »

« Vous avez vu les témoignages, mon client n’a pas été accusé. Et ces témoignages ont apporté quelque chose de nouveau. C’est dommage, certains pensaient que les témoins viendraient pour accuser mon client. Alors qu’à la vérité, un témoin vient pour déclarer ce qu’il a fait. C’est le juge qui interprète ses déclarations. A cet égard, nous sommes sereins car la loi est claire là-dessus. Tout individu est présumé innocent tant que sa culpabilité n’est pas établie. Nous nous en tenons à cela ».


Me Martial Gahoua, avocat du commandant Kipré :
«La gestion des hommes n’est ni binaire ni mathématique »

« Les témoignages ont fait avancer les choses. Ce qui m’a marqué dans le procès du jour, c’est que l’un des témoins a déclaré qu’un sergent-chef peut lui-même s’autoriser à accomplir une mission sans l’avis de son supérieur. Mais le parquet militaire a voulu faire du forcing pour lui faire dire autre chose. Je pense que le parquet ne peut pas orienter les propos du témoin dans le sens qui l’arrange. Il faut rappeler aussi que ces témoignages ont permis de comprendre qu’il y avait un problème de gestion dans l’armée ivoirienne et non uniquement à la Garde républicaine. Car la gestion des hommes n’est ni binaire ni mathématique. Il y a des variables qu’on ne maîtrise pas comme l’a dit l’un des témoins militaires ».
Me Mathurin Djirabou, avocat de Dogbo Blé :
« L’instruction a été bien menée »

« Nous ne sommes pas totalement content des  procédures, mais reconnaissons tout de même que l’instruction a été menée comme il le faut. Il nous incombe maintenant en tant qu’avocats de jouer notre rôle et au juge de  jouer le sien. Je tiens à préciser que la culpabilité de mon client n’est pas encore avérée  sinon on serait parti et le procès d’aujourd’hui n’aurait pas eu lieu. Rien n’est encore joué comme j’aime à le dire et tout est possible. C’est un procès. Et personne ne peut présager avant terme des décisions qui y seront arrêtées.»


Propos recueillis par Ouattara Moussa 




Me Coulibaly Soungalo, Avocat de la partie civile 




mardi 29 octobre 2013

Cocody/ Affaire "Un véhicule immobilisé dans un garage pendant 12 ans"

Un opérateur économique et un retraité à couteaux tirés
Ils se livrent une guérilla judiciaire sans merci. Le 23 septembre, Ahouassa François a déposé une plainte contre Daniel Assaf Fouad, chef du centre auto (à l’époque des faits) d’une société de distribution de produits pétroliers, à la police criminelle. L’ingénieur à la retraite accuse M. Assaf d’avoir immobilisé dans son garage pendant douze ans (du 28 décembre 2001 au 25 juillet 2012) son véhicule de marque Audi 90 immatriculé 483CS01 et importé des Etats-Unis. En plus, M. Ahouassa lui reproche d’avoir « volé des pièces détachées de la voiture» et  fait « tirer la voiture par des militaires le 25 juillet 2012, qui ont pris les deux nouveaux pneus d’une valeur de 240.000Fcfa plus la somme de 60.000Fcfa ».  Selon le plaignant, tout commence le 28 décembre 2001. D’après lui, il a déposé sa voiture « en bon état »  dans le garage de M. Assaf à la station-service Total aux Deux-Plateaux (Cocody), juste derrière l’hypermarché "Sococé". « Elle n’est pas arrivée avec une remorque. Elle est arrivée en bon état pour une intervention relative à une fuite d’eau au niveau du circuit de refroidissement. Cette réparation était prévue pour une demi-journée », explique le retraité dans sa déposition. La panne, poursuit-il, durant douze ans, n’a toujours pas été réparée par M. Assaf. « Je ne lui avais pas demandé de toucher à la boîte de vitesse automatique de mon véhicule. Sans mon accord, il a pris un marteau et il a tapé sur le point spy de la boîte de vitesse automatique. Il a cassé tous les disques de la boîte de vitesse. M. Assaf Fouad ne dispose pas d’outil pour l’évacuation de joint spy. Se trouvant dans cette situation difficile, il veut se débarrasser de ma voiture. Je n’ai pas pris des militaires pour poursuivre M. Assaf Fouad, comme il l’a fait le 25 juillet 2012 en faisant tirer ma voiture par des militaires », incrimine-t-il. L’ingénieur à la retraite impute aussi à l’opérateur économique d’être responsable du vol des pièces détachées de son véhicule immobilisé « durant 12 ans dans son garage ». A en croire le plaignant, le vol a été constaté par un expert désigné par la justice. «M. Assaf Fouad a payé la somme de 3.102.000Fcfa », indique l’accusateur. Et d’ajouter : « j’ai été obligé de m’adresser au service où M. Assaf paye l’impôt foncier. On a constaté qu’il est le directeur de la société et non un employé. (…) Après cela, il ferme sa société par décision de l’huissier. Il ouvre une nouvelle société avec le capital de 5.000.000Fcfa. Ce n’est pas normal. Finalement, je reste toujours sans voiture et sans avoir reçu les frais d’immobilisation. La clé de ma voiture se trouve depuis douze ans avec M. Assaf Fouad. Je demande donc le remboursement des frais de stationnement de ma voiture pendant douze ans et la réparation de mon véhicule qui a été déplacé par des militaires le 25 juillet 2012 ». Mais à la suite d’une condamnation pécuniaire par le tribunal, l’affaire est loin d’être bouclée.
La défense nie les faits et contre-attaque
Face aux récriminations formulées par le plaignant, nous nous sommes rendus le 24 octobre à Marcory (Zone 4) pour rencontrer le mis en cause. Assaf Fouad, devenu directeur commercial d’une société spécialisée dans la vente de matériels informatiques, nie en bloc les accusations. Il donne sa version des faits. Premier élément, selon lui, le véhicule n’a pas été immobilisé durant douze ans comme l’indique l’accusation. « Son véhicule était venu dans notre garage pour une panne au niveau du radiateur. Nous avons fait la réparation. Un point, un trait. Une fois que nous avons changé le joint de la fuite d'eau, il a pris son véhicule et  est parti. Il a été braqué avec ce véhicule. Un détail qu’il n'a pas dit à la police criminelle et au tribunal. Les voleurs n'étant pas habitués à des voitures automatiques, ils ont abandonné par la suite le véhicule et le monsieur lui-même au Banco (Yopougon). Pour nous, c'est à partir de cette situation que la panne a pu être détectée. M. Ahouassa, pour s'en sortir de cette histoire, a imputé cette responsabilité au garage. Du fait que la voiture y soit venue pour une petite panne de fuite d'eau. On a résolu le problème. Il a trouvé la parade pour dire que sa boîte de vitesse déconne et il nous accuse de cette situation. (…) Il a abandonné le véhicule dans le garage. Il a pris les papiers et il est parti. C'est lui même qui a remorqué sa voiture qu’il a envoyé au garage à la suite du braquage », se défend-il. Deuxième élément avancé par l’accusé. « Je ne suis pas allé avec des militaires pour déposer son véhicule. Vous savez, j'ai quitté le centre auto situé derrière "Sococé" depuis 2006. Je n'ai plus remis les pieds là-bas. Le véhicule est resté garé derrière la station. Le gérant est au courant de l'affaire. Il sait que le véhicule appartient à M. Ahouassa. Au premier procès en première instance, il a eu gain de cause. Le tribunal m'a condamné à lui remettre la somme de 3.102.000Fcfa. Je me suis exécuté. Il y a des témoins à la station-service. J'ai mené mon enquête avec mon avocat. Il a emmené des militaires à la fin de la crise postélectorale. Ceux-ci ont indiqué qu'ils doivent prendre tous les véhicules garés à la station. Il y a deux responsables du centre auto dont le chef, le nommé Karim, s'est rendu immédiatement au domicile de M. Ahouassa. Il lui a dit que des militaires veulent prendre son véhicule. Il est venu avec les papiers pour attester qu'il est bel et bien le propriétaire du véhicule. Dire que j'ai remorqué sa voiture et volé deux pneus, je le regrette. Je n'ai jamais fait ça à quelqu'un dans ma vie. J'ai 56 ans je n'ai jamais eu de problème avec la justice. Il a toujours gardé les clés avec lui. Vous savez comment on a déplacé le véhicule? Nous étions obligés d'enlever des vices en dessous du volant pour que le véhicule puisse bouger. Il a les clés et les papiers du véhicule. C'est un monsieur qui ne donne jamais les documents de sa voiture à autrui », explique M. Assaf. Troisième élément, d’après l’opérateur économique, il a fait appel de la décision rendue par le tribunal de première instance d’Abidjan-Plateau. «Nous avons fait appel à la décision. J'ai gagné le procès. M. Ahouassa est condamné à me rembourser mon argent, c’est-à-dire 3.102.000 Fcfa (référence de la décision de la cour d’appel D.2226118/EA/ZEM du 12 juin 2013). Il est incapable de me payer. Pour moi, il fait toute cette gymnastique pour me faire perdre du temps. Il ne veut pas payer mon argent », conclut-il en précisant qu’il «ne peut pas fuir pour une voiture». Une confrontation est prévue, aujourd’hui (lundi 28 octobre), à la police criminelle, entre les deux parties. Affaire à suivre…

Ouattara Moussa
Lég : Les fac-similés de la plainte (à gauche) et de la décision de la cour d’appel. 
                 




Assassinat du colonel-major Adama Dosso Dogbo Blé condamné à 15 ans de prison ferme

Assassinat du colonel-major Adama Dosso

Dogbo Blé condamné à 15 ans de prison ferme

Le tribunal militaire a déclaré le général Dogbo Blé et ses quatre co-accusés coupables des faits de séquestration, d’’enlèvement et de complicité d’assassinat du colonel-major Adama Dosso.  

Le tribunal militaire a condamné hier (jeudi 11 octobre 2012, ndlr) le général Dogbo Blé à 15 ans prison ferme. Le cdt Kipré Yagba a écopé la peine que l’ex-commandant de la garde républicaine. Ils ont été reconnus coupable des faits de complicité d’enlèvement et d’assassinat du colonel-major Adama Dosso, le 12 mars 2011. Quant aux sergents-chefs Lobé Lobé Charles,  Yapi Yapo Gustave (en fuite) et Léon Jean Noel Lagaud (celui qui a abattu la victime au pk 42, selon ses aveux), ils ont été condamnés à 15 ans de détention militaire. Le sergent Ferdinand Toh, lui a pris 12 ans de prison ferme. Le tribunal militaire les a déclaré coupables des faits d’enlèvement, séquestration et assassinat du l’ex-pilote du président Félix Houphouet-Boigny.  Le sergent Noel Touali a été condamné à 5 ans fermes pour arrestation illégale et séquestration de l’officier supérieur à la retraite. Excepté le sergent Noel Touali, les autres sous-officiers condamnés étaient membres de la garde rapprochée du général Dogbo Blé. Précisons que pour les deux sous-officiers en fuite à savoir Lobé Lobé Charles et Yapi Yapo, le tribunal a lancé un mandat d’arrêt international contre eux. C’est à 18h57 que le président du tribunal Mathurin Kanga a rendu public la décision au terme de deux semaines de débats houleux entre le parquet militaire et les avocats de la défense. Hier, lors son réquisitoire, le substitut du procureur militaire, le capitaine Dosso Losséni, avait soutenu qu’il n’y avait pas de doute concerne la culpabilité des prévenus. Notamment le sergent-Noel Touali qui, selon lui, a livré en connaissance de cause le colonel-major Adama Dosso au « commando de la mort » composé de   Lobé Lobé Charles,  Yapi Yapo Gustave, Léon Jean Noel Lagaud et Ferdinand Toh. Pour le parquet, l’assassinat de l’officier supérieur est un meurtre prémédité dans la mesure où le contenu de l’ordre était clair et le lieu avait été indiqué. «C’est un assassinat. Les sous-officiers n’ont été que des exécutants. Ils ont exécuté un ordre de leur hiérarchie. Donc, le général Dogbo Blé et le cdt Kipré Yagba sont les commanditaires de ce meurtre. Nous requérons que les 5 prévenus soient condamnés à 20 ans de prison fermes. Et qu’ils soient radiés des rangs des forces républicaines de Cote d’Ivoire. Et qu’ils perdent leurs grades respectifs », avait requis le parquet. Me Gohi Bi Raoul, avocat des trois-officiers, avait soutenu lors de sa plaidoirie que ses clients « reconnaissent les faits et qu’ils viennent faire mandat honorable en demandant pardon ». Quant aux conseils du général Dogbo Blé (Me Coulibaly Nagbélé, Bobré Félix et Dirabou Mathurin), ils ont rejeté les accusations portées contre leur client. Pour eux, il n’existe aucune preuve matérielle permettant d’inculpé le général Dogbo Blé. Selon eux, il y a des doutes. Par conséquent, ils ont demandé la relaxe de l’officier général car «le doute profite à l’accusé».  Me Martial Gahoua, avocat du cdt Kipré Yagba s’est livré au même exercice. Visiblement, satisfait de leur peine, c’est le sourire aux lèvres que le général Dogbo Blé et ses quatre codétenus ont quitté la grande salle de la cour d’appel pour rejoindre leurs cellule sous bonne escorte des éléments de l’unité d’intervention de la gendarmerie nationale(Uign), commandée par le cdt Bassanté Badra.

Ouattara Moussa 


















Le général Dogbo Blé a pris 15 ans fermes en attendant l’ouverture du procès relatif à l’assassinat du général Robert Guéi où il a été inculpé par le procureur militaire