mercredi 9 juillet 2014

Autoroute du nord/ Un véhicule 4x4 percute un minicar Bilan : Cinq morts et quatre blessés graves

Autoroute du nord/ Un véhicule 4x4 percute un minicar

Bilan : Cinq morts et quatre blessés graves

Week-end tragique sur l’autoroute du nord. Un véhicule de type 4x4 conduit par le curé de la paroisse de Pakopo, Adou Esmel Mel Pierre, a violemment percuté l’arrière d’un minicar. Sur le coup, cinq passagers du véhicule de transport en commun sont morts. Il s’agit de Mme Sangaré Kadidjatou, de Drissa Camara, de Baladé (sans autres précisions), de Sanogo Aïcha et du petit Affou. L’accident de la circulation qui s’est déroulé, vendredi, à 19heures 55 minutes, au PK41, a causé également des blessés graves. A savoir le curé Adou, 64 ans, Sangaré Tiémoko, 40 ans, Sangaré Samouka, 34 ans et enfant Adamo. Selon le Centre de coordination des opérations et de transmission (Ccot) du Groupement des sapeurs-pompiers militaire (Gspm), les accidentés  ont été évacués par les soldats du feu de la quatrième compagnie vers  le Centre hospitalier universitaire (Chu) de Yopougon. Souffrant de traumatismes crâniens et de double fracture des membres, les blessés ont été transportés dans une ambulance de grande capacité vers ce centre hospitalier pour y recevoir les soins appropriés. Une enquête a été ouverte par la brigade autoroutière de la gendarmerie pour comprendre les causes de la collision. 
    

Ouattara Moussa 

Secours à victime, incendies, …. / Colonel Issa Sahko, commandant du Gspm : «Deux corps de pompiers ne peuvent pas fonctionner ensemble…»

Interview

Secours à victime, incendies, …. / Colonel Issa Sahko, commandant du Gspm :

«Deux corps de pompiers ne peuvent pas fonctionner ensemble…»

Selon le patron du Groupement des sapeurs-pompiers militaires (Gspm) deux corps de pompiers ne peuvent pas fonctionner ensemble sur une même sphère géographique. Pour lui, cela ne se fait nulle part.


On assiste depuis quelques semaines à des inondations et des éboulements à la suite des pluies diluviennes qui s’abattent sur Abidjan. Pouvez-vous dresser un bilan partiel de ces sinistres?
Il faut dire que depuis le début des pluies diluviennes sur la ville d’Abidjan nous avons enregistré deux phases assez critiques. La première s’est déroulée du 5 au 19 juin. Et la deuxième du 26 au 30 juin.  Entre les deux phases il y a une certaine accalmie. Au cours de la première période, il y a eu énormément d’éboulements et d’effondrements dans la zone de Mossikro, de Boribana  (Attécoubé, ndlr). Il y a eu des inondations à Bonoumin (Cocody, ndlr). Malheureusement au cours de cette première phase, il y a eu de nombreuses personnes décédées. On a enregistré 21 victimes qui sont décédées. Pendant ces opérations, nous avons transporté dans les hôpitaux 41 personnes. De nombreuses autres personnes ont été mises en sécurité. Elles ont pu regagner des familles ailleurs. La seconde phase, heureusement, n’a pas enregistré de pertes en vies humaines. Mais on a noté de nombreux dégâts matériels. C’était essentiellement des inondations du jeudi 21 juin au lundi 30 juin à Bonoumin, à la Palmeraie et à la Djibi (Cocody). Nous avons enregistré dans ces quartiers une très forte montée des eaux. De nombreux sinistrés ont été mis en sécurité par notre personnel. Nous avons été alertés dans certaines zones d’Abidjan où des bâtiments R+3 étaient sous les eaux. Notamment à Abobo où un immeuble R+3 était carrément sous deux mètres d’eau. Mais les résidents de l’immeuble ont refusé de quitter les lieux. On ne peut pas les y obliger. Nous n’avons pas ce pouvoir. On les a laissés à la disposition de la police.

Comment se déroule une intervention en cas d’inondation ou d’éboulement ?
Lorsqu’il y a des inondations notre intervention se présente  sur deux phases. Dans un premier temps, il s’agit pour nous de mettre en sécurité les personnes qui sont menacées de noyade. Parce que les inondations vont de paire avec les noyades. Ces personnes sont soit bloquées dans des maisons, soit refugiées sur des dalles d’immeubles. Il faut les sortir pour les amener vers une zone sécurisée. C’est ce que fait notre personnel. Une fois hors de danger, ces personnes doivent trouver des lieux pour s’abriter. Pour le second cas, lorsque l’inondation menace la structure, cela est vraiment exceptionnel, nous procédons à un épuisement de l’eau de la zone après avoir dégagé toutes les personnes menacées.

Un corps de sapeurs-pompiers civils vient d’être créé. Comment va se faire la collaboration sur le terrain ?
Pour l’instant, la collaboration entre les pompiers civils et nous n’est pas définie. Néanmoins, je peux donner un avis. Moi, je pense qu’il faut  déterminer les compétences et les responsabilités de chaque structure. Parce que nous dépendons de l’état-major général avant d’être mis à la disposition du ministère de l’Intérieur qui a en charge la protection des personnes. Donc, nous sommes des militaires. Nous avons des sphères de compétences. Aujourd’hui, nous sommes implantés à Abidjan, à Yamoussoukro, à Bouaké et à Korhogo. Je pense que deux corps de pompiers ne peuvent pas fonctionner ensemble dans un département. D’ailleurs, ça ne se fait nulle part.

Soyez plus explicite.
C'est-à-dire qu’Abidjan on ne peut avoir une structure organisée de pompiers militaires et une autre structure de pompiers. Ce n’est pas compatible sur le même territoire.  Cependant, cela n’exclut pas des appuis mutuels. Les pompiers civils qui sont dans un département voisin s’ils ont besoin d’un appui pendant une intervention particulière et que nous avons les moyens de cet appui alors nous allons les soutenir. Si le Gspm est dans une sphère géographique particulière et qu’il a besoin d’appui de pompiers civils qui sont dans un département voisin, alors ils peuvent nous prêter main. Dans tous les cas, des appuis mutuels sont possibles.

Il existe trois compagnies du Gspm pour secourir cinq millions d’abidjanais. De qui relève l’implantation d’autres  casernes dans la capitale économique?
C’est à la fois l’Etat et les collectivités territoriales. Selon les textes portant création du Gspm, notre fonctionnement est à 50% à la charge des collectivités territoriales, et à 50% pour l’Etat. La réalité c’est que seul l’Etat nous permet de fonctionner avec un appui considérable du district d’Abidjan.
Entre créer de nouvelles casernes et renforcer en équipements les compagnies existantes. Quelle est la solution appropriée pour améliorer l’efficacité des secours à Abidjan ? 
L’un ne va pas sans l’autre. Même si on équipe suffisamment les trois casernes de la capitale économique, cela va toujours laisser le problème de distance. C’est vrai il faut renforcer les compagnies existantes, mais il faut créer d’autres casernes. L’idéal serait que chaque commune du district d’Abidjan puisse avoir une caserne des sapeurs-pompiers. Cela permettra à nos équipes d’être présentes plus rapidement sur les sinistres. Il est vrai que nos matériels coûtent excessivement chères. Figurez-vous, un camion citerne incendie coûte au moins 400 millions Fcfa. Ce sont des efforts qu’il faut faire. On ne peut pas s’en passer.

Quel est le point des engins dont vous disposez ?
Concernant les moyens du Gspm, il faut dire qu’au lendemain de la crise postélectorale nous étions totalement dépouillés. Nos casernes ont été visitées. A Abidjan, à cette période, il ne restait qu’une seule ambulance et à peine un engin d’incendie. Nous avons pu remettre en état certains engins qui avaient été vandalisés. Nous avons eu la chance d’obtenir un don du président de la République en 2013. Ce don nous a apporté une bouffée d’oxygène. Aujourd’hui, pour les besoins de la population, cet équipement s’avère insuffisant. La plupart de nos engins sont vieillissants. Chaque sortie exige une remise en condition qui est lourde et coûteuse. Malgré cela, nous avons tout fait pour que chaque compagnie possède au moins un engin incendie et deux ambulances. Si le matériel devenait plus conséquent, alors nos rendements seront plus conséquents.

De façon spécifique, qu’est-ce qui a motivé l’entrée de femmes au sein du corps du Groupement des sapeurs-pompiers militaires (Gsmp) ?
Il n’y a pas de motivation particulière. Il y a toujours eu des femmes dans l’armée de Côte d’Ivoire. Au Gspm, je pense que les femmes ont leur place comme partout. Nous avons eu des femmes tout le temps. Mais elles étaient essentiellement des médecins. Il n’y avait pas de femme dans l’activité opérationnelle. Depuis un certains temps, puisque le nombre de femmes augmentent partout au sein de l’armée, le Gspm a reçu du personnel féminin. Elles travaillent comme leurs collègues masculins.

Combien sont-elles et quelles tâches accomplissent-elles?
Nous avons 25 femmes reparties dans toutes les casernes. Elles assurent le service au même titre que leurs collègues hommes du même grade. Généralement, ce sont des femmes du grade de caporal, de sapeur de 1ère classe. Elles ont des diplômes équivalents aux grades qu’elles portent. Elles assurent les fonctions dévolues aux grades qu’elles ont.

 En septembre prochain, vous allez commérer les 40 ans d’existence du Gspm. Qu’est-ce que cela représente pour vous ?
Pour nous, ces 40 ans, c’est l’occasion d’exprimer notre maturité à travers divers événements. Cela fait 40 ans que le Gspm existe. Cela représente 40 ans au service de la nation. Nous n’avons pas cessé d’apporter notre concours comme le stipule notre décret de création (décret numéro 74-202 du 30 mai 1974, ndlr) où il s’agit d’apporter assistance et secours aux personnes et aux biens à l’occasion des événements qui nécessitent la mise en œuvre de nos moyens. Donc, pendant 40 ans nuit et jour nous avons rempli cette mission. C’est l’occasion pendant ces célébrations de nous arrêter pour faire le bilan de nos activités et envisager les nouvelles perspectives.

Réalisée par Ouattara Moussa
Lég : Le colonel Issa Sahko invite la population à donner les bonnes informations aux pompiers.







mardi 8 juillet 2014

Bonon / Attaque avortée d’un commerce: Les dozos saisissent des armes de guerre

Bonon / Attaque avortée d’un commerce

Les dozos saisissent des armes de guerre  

Fofana Mory est un homme courageux. Il a mis en déroute trois malfrats s’apprêtant à attaquer la boutique qu’il surveillait. Les bandits ont pris la fuite, mais le chasseur traditionnel appartenant à la confrérie ‘’dozo’’a récupéré les armes des scélérats. Il s’agit de deux kalachnikovs Ak  47 et deux treillis militaires. Les faits se sont déroulés, hier, à 4 heures du matin, à Bonon, agglomération située à 90 kilomètres de Yamoussoukro. Selon les informations en notre possession, les malfaiteurs sont arrivés sur le lieu au moment où Mory se préparait à prendre son petit déjeuner pour entamer son jeûne. D’après les témoignages, le ‘’dozo’’ a repéré, de sa position, les faits et gestes de trois individus portant des cagoules. Pris de panique, ils ont ouvert le feu sur le veilleur de nuit. Manque de pot eux, leur cible est invulnérable aux plombs chauds. Celui-ci, à en croire nos interlocuteurs, le veilleur de nuit a riposté à l’attaque en tirant en air. Ce fut le branle-bas. Les chenapans n’avaient d’autre solution que de prendre la fuite, lorsque Mory se mit à leur trousse. Au terme d’une course-poursuite dans la pénombre, il parviendra à saisir deux armes à feu et deux complets treillis.  Alertés par les coups de feu, les autres "dozos" sont sortis pour prêter main forte à leur collègue. Une battue a été aussitôt organisée pour rattraper les brigands. Mais ceux-ci ont disparu dans la nature avec la troisième kalachnikov. Interrogé à Abidjan,  le président de la Confrérie des dozos de Côte d’Ivoire (Codoz-CI), a indiqué que les armes et les treillis saisis ont été remis au commandant de brigade de gendarmerie de Bonon par ses hommes. «Il n’y a pas eu d’arrestation. Les individus ont pris la suite, mais nos frères ont saisi deux complets treillis militaires et deux kalachnikovs. La suite de cette affaire, c’est qu’après cette opération, j’ai donné l’ordre aux "dozos" de se rendre à la brigade de gendarmerie de Bonon. Ils y ont remis les treillis et les armes qui ont été récupérés. Il appartient à la gendarmerie de faire son travail», a soutenu le commanadant Touré Moussa. L’officier supérieur a ajouté que cette prise  est la preuve, si besoin en était, du rôle des "dozos" dans la sécurisation des personnes et des biens. «Nous travaillons, en aidant la police être la gendarmerie à sécuriser les personnes et les biens. Nous sommes à la disposition des services de sécurité. Nous savons que nous  ne sommes pas une force légale. A ce titre, on ne peut pas nous confier la sécurité. C’est ce que je dis aux autres membres de la confrérie. Cependant, je leur demande d’être en contact régulier avec la police et la gendarmerie de leurs localités respectives pour coordonner leurs actions », a-t-il recommandé,  en justifiant son appel. «Ce sont les policiers et les gendarmes qui sont habilités à faire les rapports et les procès-verbaux. Les dozos ne sont pas autorisés à faire des patrouilles. Toutefois, lorsqu’il y a un danger et que nous sommes sollicités, alors nous pouvons aider les forces régulières », a déclaré  cdt Touré. Il a instruit de la Codoz-CI à ne pas se rendre justice dans la mesure où, a-t-il argumenté, la Côte d’Ivoire est un Etat de droit. «La police et la gendarmerie sont là ; la justice fonctionne. Donc, nous devons recourir aux forces régulières et à la justice pour régler les problèmes», a insisté le président de la Codoz-CI.   

Ouattara Moussa

Lég : Une vue des "dozos" de Bonon qui ont mis en déroute les malfrats. 





Interview:(réalisée le samedi 28 juin 2014) Capitaine Koné Hincléban, régisseur de la Maca:

Interview:(réalisée le samedi 28 juin 2014)

Capitaine Koné Hincléban, régisseur de la Maca:


«Je sais comment la drogue entre à la Maca»


Le régisseur de la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca), révèle que le trafic de drogue est entretenu par certains geôliers.

Quel est le niveau de sécurité de la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan?

Le niveau de sécurité de la Maca est préoccupant. Dans la mesure où nous n’arrivons pas à tout contrôler. Ce qui fait qu’on a tout le temps des problèmes liés à la sécurité au sein de la prison. Nous n’arrivons pas à vérifier tout ce qui entre dans la détention.

Pourquoi ?
Il y a des aspects qui nous échappent. Certains agents se rendent complices d’actes répréhensibles. Ils aident des détenus à se procurer des produits prohibés. Ils les cachent pour les faire entrer dans la prison.  Cela se déroule lors des mouvements de foule. C'est-à-dire les jours de visites des parents aux prisonniers. Ils profitent aussi, tous les jours, aux environs de 18 heures, au moment où le véhicule transportant les détenus arrive du tribunal. Des gardes pénitentiaires exploitent ces instants pour introduire des substances psychotropes et autres objets interdits dans  la prison. Il faut reconnaître que nous n’avons pas tout l’équipement nécessaire pour faire le contrôle à l’entrée  du pénitencier. Les matins, il y a également des choses qui rentrent dans les cellules. Tout cela se fait en complicité avec certains agents.

Est-ce que des gardes ont été arrêtés et quels sont les produits prohibés qu’ils font entrer dans la prison? 
Il n’y a pas encore d’arrestation. Cependant, nous avons des soupçons sur des agents. Des enquêtes sont en cours pour situer les responsabilités. On continue nos investigations pour mettre la main sur ces agents indélicats. A la suite des différentes fouilles, nous procédons à l’ouverture d’une enquête pour déterminer les responsabilités. Récemment, une fouille des cellules a permis de saisir 35 plaquettes de Rivotril (substance psychotrope, Ndlr). C’est un agent qui avait tenté de faire introduire ce produit prohibé. A ce niveau, il y a une enquête qui est ouverte.  La drogue circule. Tout ce qui est stupéfiant, drogue et boisson alcoolisée, circule avec la complicité de certains agents. On a essentiellement le cannabis, le chanvre indien. Cela nous a amené à prendre d’autres mesures.

Lesquelles ?
On a un service de fouille. J’ai mis en mission des éléments pour contrôler ce service de fouille. Il s’agit de faire la ‘’contre fouille’’. Ils font contrôler les agents du service de fouille. Cela nous a permis de réduire considérablement le trafic de drogue et autres stupéfiants.

Y-a-t-il des fouilles à l’intérieur des cellules? 
Il n’y a pas de fouilles. Depuis notre prise de fonction, on a tenté de faire des fouilles à l’intérieur des cellules. Malheureusement, cette opération n’a pas eu lieu à cause du refus des détenus. On a déploré des pertes en vies humaines au niveau des prisonniers. Nous sommes obligés de nous replier.

Comment expliquez-vous le fait que des détenus s’opposent à une opération de fouille de cellules ?
Ce jour, nous avons mobilisé plus de 700 hommes, tous corps confondus, pour faire cette fouille. Pour éviter un carnage, on a été obligé d’arrêter l’opération. On avait les moyens, mais on a voulu préserver les vies humaines eu égard aux tensions que cette situation avait créées.  Il y a eu des tirs pour éviter un affrontement de justesse. On a décidé de mettre fin à l’opération.

Nous avons recueilli des témoignages, le 18 juin dernier, faisant état de détenus possédant des téléphones portables.  Est-ce que cela est normal?
Ce n’est pas normal. Il est interdit qu’un détenu possède un téléphone portable. Les textes sont clairs sur ce sujet. Nous sommes en train de lutter contre ces pratiques. Cette situation nous a conduit à faire récemment des fouilles au niveau du greffe. Quant on voit un détenu avec un téléphone, on le confisque. Mais à l’intérieur des cellules, c’est un peu difficile car cela peut provoquer des affrontements entre les prisonniers et les gardes. Des cellulaires ont été saisis que nous avons acheminés à la direction de l’administration pénitentiaire. On est en train de mettre en place un système de brouillage, concernant les communications téléphoniques, à l’intérieur de la prison. L’objectif est de faire en sorte que les téléphones portables ne puissent pas fonctionner au sein de la maison pénitentiaire.

Qu’est-ce que le portique de sécurité en construction va changer dans le système de sécurité de la Maca?
Le portique de sécurité va nous permettre de voir tout ce qui entre dans la détention. A savoir la drogue, les stupéfiants, les objets et tous les produits prohibés. Il y a aussi les armes. Parce qu’à l’intérieur, des détenus possèdent des armes blanches telles que les couteaux, les objets pointus. Grâce au portique, nous parviendrons à mettre la main sur ces armes. Les contrôles au scanner des colis, des véhicules et des personnes vont permettre de renforcer la sécurité dans les alentours et au sein de la Maca. Le poste de contrôle sera animé uniquement par des équipages de trois agents. Ces derniers sont en formation pour maîtriser les outils et le système de fonctionnement du portique. Ce sont des agents de bonne moralité. On a prévu faire une rotation au niveau des équipages de surveillance. L’objectif est d’éviter au maximum la corruption.

A partir de quand le portique sera-t-il fonctionnel?
Les travaux font durer trois mois. Ils ont commencé il y a déjà 45 jours et donc le délai de livraison est prévu pour fin août. Si tout se passe bien, le portique sera livré en août. Nous remercions le directeur de l’administration pénitentiaire et le garde des sceaux, ministre la Justice, des droits de l’homme et des libertés publiques pour avoir lancé les travaux de construction de ce portique de sécurité. En plus des moyens classiques de contrôle, cet outil va nous aider énormément dans la surveillance de tout ce qui entre et sort de la prison.

Pourquoi le transfèrement des détenus vers le Camp pénal de Bouaké n’est pas encore effectif?
Nous n’avons pas encore faire de programmation dans ce sens. Mais on est en train d’étudier avec la hiérarchie les possibilités d’un transfèrement de détenus de la Maca vers le Camp pénal de Bouaké. Déjà la direction de l’administration pénitentiaire nous a demandé de faire une liste de 200 prisonniers pour les faire partir au Camp pénal.

Coulibaly Yacou alias Yacou le Chinois fera-t-il partie des prisonniers qui seront transférés ?
Pour l’instant, il ne fait pas partie de ceux qui doivent être transférés au Camp pénal. Nous sommes en train d’étudier le cas.  

Mais il nous revient qu’il bénéficie de traitement particulier. Est-ce vrai?
Il a le même traitement que les autres détenus. Nous pensons qu’avec son appui, nous pourrons faire sortir les 200 détenus qui seront transférés au Camp pénal. En ce qui concerne Yacou le Chinois, c’est la direction de l’administration pénitentiaire qui va décider de son transfèrement ou non au Camp pénal. A mon niveau, il n’y a pas grand-chose le concernant.

Quelle est la date exacte du transfert de ces 200 détenus au Camp pénal ?
Nous n’avons pas encore la liste définitive. On n’a pas encore arrêté totalement cette liste. Nous nous attelons à dresser la liste des personnes qui devront être transférées, le mois prochain (en juillet, Ndlr)  au Camp pénal.  


Réalisée par Ouattara Moussa

Leg : D’après le régisseur de la Maca, des enquêtes sont en cours pour arrêter les geôliers impliqués dans le trafic de drogue. 




   

jeudi 10 avril 2014

Reportage: Bouaké / Douze jours après sa réouverture Voici le nouveau visage du camp pénal

Reportage

Bouaké/ Douze jours après sa réouverture

Voici le nouveau visage du camp pénal

Le camp pénal de Bouaké a fait peau neuve. En plus des murs rénovés, les agents pénitentiaires ont un nouvel état d’esprit, nous a assuré le régisseur, le 28 mars, lors de la cérémonie de réouverture officielle de ce pénitencier présidé par le ministre de la Justice.   

Des gardes postés sur les quatre miradors peints en vert mesurant 25 mètres de haut veillent au grain. Les geôliers vêtus des gilets par balles noirs, armes au poing,  observent les mouvements à l’intérieur et à l’extérieur de la détention. Munis de jumelles, ils balaient la zone dans un rayon de deux kilomètres. Au sol, il y a  des éléments des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci). Ils patrouillent le long de la clôture et dans les environs. Des fils barbelés électriques sont visibles. On peut lire la mention sur les panneaux: danger de mort illustré par un crâne de mort reposant sur deux os. Les fils surmontent une clôture peinte en jaune, haute de 20 mètres. Le mur jouxte celui de l’université Alassane Ouattara. Nous sommes au camp pénal de Bouaké. Un établissement pénitentiaire situé à l’entrée de la capitale de la paix, en provenance de Sakassou. Ce 28 mars, Gnénéma Mamadou Coulibaly,  garde des Sceaux, ministre de la Justice, des droits de l’homme et des libertés publiques, procède à la réouverture officielle de cette maison pénitentiaire de haute sécurité. Le camp pénal est bâti sur une superficie de 5 hectares. Il y composé de six bâtiments comprenant chacun sept cellules d’une capacité de 40 détenus par cellule. Soit une capacité d’accueil exacte de 1680 places. Après avoir franchi le premier portail en acier de couleur verte qui donne accès à l’arrière-cour, on aperçoit deux bâtiments rénovés. Là-bas se trouve l’administration et les bureaux des gardes pénitentiaires. Cinq geôliers sont postés devant le second portail qui donne accès à la cour et aux cellules. Nous n’avons pas été autorisés par l’administration pénitentiaire à visiter l’intérieur des cellules pour des raisons de sécurité, selon elle. Néanmoins, le régisseur nous explique que dans le cadre de l’expérimentation du système de sécurité, 52 détenus occupent depuis septembre dernier les cellules. Ce sont des personnes qui sont reconnues coupables des faits d’abus de confiance et d’escroquerie, précise-t-il. Leurs peines varient de dix-huit à vingt quatre mois.

«Nous allons humaniser le camp pénal»

«Nous recevons les condamnés de longtemps peine. C'est-à-dire des personnes qui ont entre 10 et 20 ans de prison. Mais pour les besoins d’entretien et d’expérimentation du système de sécurité, nous avons reçu de détenus de petites peines. Ce sont des personnes dont les condamnations varient entre 18 mois et 24 mois. Ils font présentement l'entretien des locaux, car depuis septembre dernier, les travaux de réhabilitation du camp étaient achevés. Ils sont au nombre  52 prisonniers qui sont présentement ici.», indique Amonkou Manssan, le patron du camp pénal. Et d’ajouter : « Mais je précise que ce sont des prisonniers qui ont commis des délits mineurs.  Ils assurent l'entretien des locaux. Très rapidement, les bandits de grand chemin qui sont les vrais destinataires de cette prison, seront convoyés ici. Ils viendront occuper les cellules pour purger leurs peines».  Selon lui, la particularité du camp pénal c’est que c’est une détention de longue durée et elle ne reçoit que des hommes. « Nous n'avons pas de détenus de sexe féminin ; c'est la particularité du camp pénal. Il n'y a pas de femmes ici. Il n' y a pas de prévenus, car quelqu'un qui n'a pas été jugé n'a pas le droit de venir ici. C'est une prison qui a été faite uniquement pour recevoir les hommes. Depuis longtemps, c'était la vocation du camp pénal de Bouaké. Il ne reçoit que des hommes condamnés à de longues peines », souligne le régisseur. Il ajoute qu’en plus des gardes pénitentiaires qui assurent la sécurité à l’intérieur de la détention, des éléments des forces armées viennent en appoint. «La sécurité est assurée par les gardes pénitentiaires. Nous avons besoin de 300 agents, mais pour l'heure, il y a 150 gardes qui assurent en permanence la sécurité. Nous sommes appuyés par des éléments des Frci (Forces républicaines de Côte d'Ivoire, ndlr), de la gendarmerie et de la police. Toutes ces forces sont mobilisées pour assurer la sécurité du camp pénal de Bouaké », assure notre interlocuteur dont la priorité est d’humaniser les conditions de détention des prisonniers. « Ceux qui sont là  ont droit aux visites des parents. Les jours de visite sont les mardis et les samedis. Cela est prévu dans le règlement intérieur de la prison. Donc, nous n’allons rien changer, lorsque les criminels seront transférés dans notre prison. Ils auront les mêmes droits. Ils auront droit à une séance avec les assistants sociaux pour travailler. Donc, nous ne sommes pas totalement fermés comme le penserait l'opinion », précise notre interlocuteur. «  Nous sommes plus dans le système ancien. Il s'agit aujourd'hui d'humaniser les prisons. Les pensionnaires du camp bénéficient de trois repas par jour. Ici, ils mangent tout sauf le foutou, puisqu'il n'y a personne pour leur piler l'igname ou la banane plantain. On fait le toh (pâte de farine de maïs), l'attiéké,  l’haricot, le riz et bien d’autres aliments», soutient M Amonkou qui accorde une place de choix à l’épanouissement et à la politique de réinsertion socioprofessionnelle de ces prisonniers. «Nous avons des ateliers de couture, de menuiserie et de maçonnerie. Il y a un jardin potager. Il y a aussi des activités récréatives. Mais tout se déroule à l'intérieur de la prison. Nous souhaitons obtenir des machines pour équiper davantage les ateliers de menuiserie. On a des programmes d'alphabétisation. Il y a des assistants sociaux, des maîtres d'éducation spécialisée qui sont là. Ils travaillent avec les détenus pour les aider à lire et écrire », nous confie cet homme dévoué à la tâche.


Ouattara Moussa, envoyé spécial à Bouaké














Lég : Le camp pénal de Bouaké a rouvert ses portes le 28 mars dernier

Photo : Ouattara Moussa



samedi 5 avril 2014

Agboville / Elle voulait se marier Son gigolo lui soutire 8 millions F

Agboville / Elle voulait se marier
Son  gigolo lui soutire 8  millions F

A la recherche de l’âme sœur, elle rencontre le diable en personne. Y.A Catherine est une célibataire résidant à Agboville, à une quarantaine de kilomètres de la capitale économique ivoirienne. Cette brave dame tient son restaurant et son dépôt de boissons qui lui rapportent gros. En janvier dernier, elle fait la connaissance d’A.N. En réalité, celui-ci est un gigolo qui a plus d’un tour dans son sac. Ainsi, il monte de toutes pièces des stratagèmes pour appâter la charmante Catherine qui vit dans la solitude, après son divorce. A.N fera croire à sa nouvelle conquête que son ex-femme aurait bloqué ses 40 millions FCfa se trouvant  sur son compte bancaire. Attendrie certainement par cette situation, la jeune femme mord à l’hameçon et décide de faire parler son cœur, jusqu’à ce qu’elle découvre le pot aux roses. Car en lieu et place du mariage que lui a promis son Jules, elle ne récoltera que déception.  « Son ami et lui m’ont pris en tout la somme de 8,230 millions F Cfa. Ils ont disparu depuis le mois de février dernier. J’ai mené mes investigations ; ils ont été démasqués le 12 mars dans un maquis, à Treichville», relate  la plaignante, à la barre du tribunal correctionnel d’Abidjan-Plateau, le 25 mars. Il faut préciser que Catherine a fait la connaissance d’A.N  par l’intermédiaire d’une de ses connaissances, J. que la jeune femme, en désespoir de cause, avait sollicité pour l’aider à lui trouver un homme. « Il m’a mis en contact avec lui (A.N). On a commencé notre relation. Il m’a dit qu’il était directeur de société à Abidjan. Tout allait bien, mais il a commencé à m’expliquer une série de problèmes », poursuit la victime.  Elle rapporte que  son amant lui a fait croire  qu’il avait des soucis pour régler les honoraires de son avocat. « Il m’a aussi expliqué une affaire d’achat de 29 hectares d’hévéa. A chaque fois, je me rendais à la banque pour faire des retraits », fait savoir la restauratrice.  Les sommes variaient entre 500.000 Fcfa et 1,5 million F. « Il me demandait de transférer l’argent à son ami J. via Orange money. Ce que je faisais», ajoute-t-elle. Néanmoins, elle finira par se rendre compte qu’elle a affaire à une bande d’arnaqueurs. Catherine va poursuivre l’amant indigne et son acolyte pour les faits d’escroquerie et de complicité d’escroquerie.   «Quand il m’expliquait ses problèmes, je volais à son secours, car je ne voulais pas le perdre. Mais à la longue, j’ai découvert son mensonge », explique l’opératrice économique qui réclame le remboursement de la totalité de son argent. A la barre du tribunal, A.N. et son co-accusé ne reconnaissent pas les faits. Pis, ils ne manquent pas de tourner en dérision la victime.  Il n’en fallait pas plus pour provoquer la colère du parquet. «M. le président, vous constatez avec moi que les prévenus qui se tiennent à votre barre n’expriment aucun remord. Ils ont du mépris pour la victime. Cette femme a placé une confiance aveugle à celui qui lui avait promis le mariage. Ce dernier s’est retourné contre elle pour lui soutirer toute son épargne», rappelle la magistrate. Elle demande  alors au juge de déclarer d’inculper les prévenus et les condamner à 36 mois de prison ferme, assortis d’une amende individuelle. Le juge pénal valide le réquisitoire du ministère public. A la fin de leur peine, ils doivent remettre à leur victime  la somme de 8,230 millions F Cfa, à titre de dommages et intérêts.

Ouattara Moussa

Lég : Une vue des restauratrices qui travaillent pour gagner leur vie.     
           

De retour d’une mission Quatre gendarmes tués dans un accident

De retour d’une mission

Quatre gendarmes tués dans un accident

Des gendarmes sont morts, hier (mercredi 3 avril), dans un terrible accident de la circulation. Le drame s’est déroulé sur la voie express Yopougon-Adjamé, alors que ces sous-officiers rejoignaient leur base, à la caserne de gendarmerie d’Agban. 

La gendarmerie est en deuil. Quatre éléments de l’Unité d’intervention de la gendarmerie nationale (Uign) ont trouvé la mort, hier à 4 heures 10 minutes du matin. Il s’agit du maréchal des logis en chef (Mdl/c) Kossé Blada Léonce, des Mdl Assi Yapi Odilo, Kacou N’Zué Gaël et Atta Koua. L’accident de la circulation s’est déroulé juste après le pont de la ferraille, sur la voie express Yopougon-Adjamé. Ces quatre hommes du colonel Basanté Badra, commandant de l’Uign, ont été tués sur le coup. Les corps ont été incarcérés dans leur véhicule de type 4x4 (marque Prado immatriculé 897CU01) réduit en épave par la violence du choc. Selon les témoignages, les quatre gendarmes rentraient à leur base, à la caserne de gendarmerie d’Agban, après une mission commandée. D’après le Centre de coordination des opérations et de transmissions (Ccot) du Groupement des sapeurs-pompiers militaires (Gspm), le véhicule aurait dérapé, avant de s’encastrer dans le bloc de béton soutenant un panneau publicitaire. La violence de l’impact  a transformé l’engin en un tas de ferrailles. La promptitude des éléments du colonel Issa Sakho, commandant du Gspm,  n’a pas permis de sauver la vie à ces soldats. A l’aide d’un engin de désincarcération, les soldats du feu ont découpé le véhicule accidenté en morceaux, afin de retirer les corps des gendarmes. Informé, le général de division Gervais Kouassi, commandant supérieur de la gendarmerie, s’est rendu sur le lieu du drame. Les dépouilles mortelles du Mdl/c Kossé et de ses trois frères d’armes ont été transférées à la morgue de l’Hôpital militaire d’Abidjan (Hma).

Ouattara Moussa


Lég : Le général de division Gervais Kouassi a constaté le drame, en se rendant sur place.