dimanche 1 septembre 2013

Exploitants et chauffeurs divisés sur la hausse du prix du sable à Abidjan


Chantiers et promotions immobilières bloqués !


Les exploitants des carrières de sable et les chauffeurs de camion se livrent une guerre épique pour le contrôle du prix du chargement. Dans cette bataille, chantiers et promotions immobilières sont arrêtés faute de matériaux de construction.


Rien ne va dans le bâtiment. Les exploitants des carrières et les chauffeurs de camion sont divisés sur le prix du chargement de sable. Conséquence : les différents chantiers des particuliers et des promoteurs immobiliers sont bloqués. Ils sont en rupture de sable pour certains et en insuffisance de ce matériau essentiel dans la construction des logements, pour d’autres. «Nous avons passé une commande de quatre chargements de sable. Mais nous n’avons reçu que deux. On doit faire la dalle de l’immeuble, dimanche prochain (demain, ndlr). Nous sommes inquiets, car les deux chargements de sable livrés sont insuffisants pour faire le travail », nous explique Coulibaly Inza, rencontré hier sur son chantier, un immeuble R+3 (c’est-à-dire trois niveaux), à Cocody-Angré 7ème tranche. Selon lui, depuis plus d’une semaine, les travaux sont ralentis et le personnel a été réduit au strict minimum. «Le travail n’évolue pas. On est obligé de mettre au chômage technique une partie du personnel », annonce-t-il, avec un pincement au cœur. «Les chauffeurs de camions nous ont dit que les exploitants des carrières ont majoré de 5.000Fcfa, voire 10.000Fcfa, le prix du chargement qui varierait entre 35.000F et 45.000F. Nous sommes bloqués. On ne sait pas qui dit vrai. Mais avant cette situation, le chargement de douze mètres cubes était livré à 80.000F. Il est évident qu’avec la nouvelle augmentation, le prix connaitra une hausse à la livraison», nous confie-t-il. C’est la même situation sur le chantier de Gohi-Bi Tidou. Trois manœuvres ramassent des gravats. Et plus rien. « Comme vous le voyez, tout est arrêté depuis quelques semaines. Le crépissage devait commencer, mais nous n’avons pas de sable. Alors, on a libéré les maçons, car les chauffeurs de camion ont annoncé que le prix du chargement a grimpé. Donc, ils ne peuvent plus nous livrer les douze  mètres cubes à 70.000F. C’est une situation qui nous pénalise puisque nous devions livrer le chantier en décembre prochain», regrette notre interlocuteur qui a débuté en mars, les travaux de construction d’un duplex. A en croire M. Gohi-Bi, le manque à gagner est énorme, surtout pour les maçons et manœuvres. «Les maçons, révèle-t-il, sont payés à 30.000F par semaine, soit 5000F/jour. Les aides-maçons reçoivent 3000F/jour et les manœuvres 2500F/jour. Nous sommes donc confrontés à un véritable problème auquel il faut trouver une solution rapide ». Kouamé Landry, propriétaire d’un chantier à Saint-Viateur de la Riviéra-Palmeraie, reste amer. « On a des problèmes de fourniture en sable depuis plus de deux semaines. Une augmentation du prix du chargement est à la base de cette situation. Ce qui nous oblige à fermer le chantier. Nous prenons le chargement à 75.000F, mais les chauffeurs veulent nous le livrer à 100.000F sous prétexte que les exploitants ont augmenté leur prix de vente. Nous avons un effectif de 45 maçons repartis en trois équipes de 15. Toutes ces personnes sont en chômage technique à cause de cette mesure », s’insurge-t-il contre cette situation, en précisant que les employés reçoivent entre 30.000F et 36.000F par semaine comme paie.

Origine de la crise…

Au terme d’une conférence de presse conjointe qu’il a animée le 26 août dernier à Yopougon avec le président de l’Association pour la protection des consommateurs actifs de Côte d’Ivoire (Aproca-CI), Marra Sékou, président du Syndicat des chauffeurs de bennes de Côte d’Ivoire (Synab-CI), a soutenu que l’augmentation du prix du chargement de sable a été décidée de façon unilatérale par les exploitants. « Nous achetons le sable et le gravier avec les exploitants des carrières. Nous revendons ce sable-là aux clients (particuliers et entreprises immobilières). Nous livrons le chargement de sable à 80.000F à condition que les exploitants nous vendent à 30.000F les chargements. Mais aujourd'hui, ce n'est pas le cas car ils ont augmenté le prix. Il est fixé à 45.000F. Dans ces conditions, nous sommes obligés de répercuter cette augmentation sur le consommateur. Donc, on vend le chargement de sable et de gravier concassé entre 110.000 F et 120.000F. Cela nous pose des problèmes sur le terrain parce que les clients se plaignent de cette hausse. Certains nous accusent d'être des voleurs. Et pourtant, cette situation ne dépend pas de des revendeurs. Ce sont les exploitants des carrières qui ont fixé le prix de façon unilatérale », accuse-t-il en indiquant qu’en guise de protestation, ses camarades et lui ont entamé une grève illimitée pour revendiquer le maintien du prix initial. Et ce, depuis deux semaines. Ils exigent que le prix du sable soit fixé à 30.000F. « Pour maintenir leur prix, ils ont décidé d'appliquer la loi de la rotation. Il y a à Abidjan 24 carrières. Ils ont décidé que deux carrières ouvrent par jour, pour servir plus de cinq cents camions. Imaginez l'embouteillage dans les carrières et le manque à gagner », s’inquiète-t-il. « Il y a 24 carrières de sable et de gravier à Abidjan. Depuis le 25 mai 2010, certains exploitants ont augmenté leur tarif. Il est passé de 15.000F à 30.000F et de 25.000F à 45.000F. Les autres appliquent l'ancien prix. Ils ne l'ont pas augmenté. Le coût de la livraison du sable et du gravier tourne autour de 60 à 70.000F. C'est une augmentation qui n'est pas justifiée », refuse le président de l’Aprocaci, Soumahoro Ben N’Faly.




Ouattara Moussa





Une vue d’un bâtiment dont les travaux ont été arrêtés, à Cocody-Angré 7ème tranche.

Photos: Ouattara Moussa



Encadré :

Les exploitants amers

Les exploitants n’entendent pas les choses de cette oreille. « Je suis un peu surpris quand vous parlez d'augmentation. Nous, exploitants de sable de Côte d'Ivoire, n’avons pas augmenté le prix du sable. Il n'y a pas de nouveaux prix. Ce sont 45.000F et 30.000F en raison de 3.750F, le mètre cube, qui varie selon le véhicule de transport, depuis le 5 mai 2010. Rien n'a changé. Ce qui a peut-être changé et que nous ne maîtrisons pas, c’est le circuit emprunté par le sable depuis nos carrières jusqu'au consommateur final. Je ne sais pour quelle raison le sable arrive chez le client à 90.000F. En 2010, c'est de commun accord que nous avons pratiqué ce coût, 45.000F. Ils ont travaillé avec ce tarif de 2010 jusqu'au 12 juillet 2013 et ont fait véhiculer une rumeur pour nous obliger à accepter leurs caprices », se défend Diarrassouba Lamine. Pour le secrétaire général adjoint du Syndicat national des exploitants des carrières de sable et gravier roulé de Côte d'Ivoire (Synecaci), des mesures seront annoncées pour éviter de subir "les humeurs des chauffeurs". « Nous sommes en train de prendre des dispositions. Ce sont, entre autres, la constitution d'un parc automobile pour être indépendants de ces chauffeurs capricieux. Cela nous permettra de livrer, nous-mêmes, le sable et de réduire davantage son coût. Il existe 25 carrières à Abidjan et sa banlieue », précise-t-il, avant d’indiquer ceci : « les chauffeurs font courir une rumeur. Alors que nous accompagnons l'Etat de Côte d'Ivoire, ils s'y opposent. Leurs revendications ont d'autres motivations. Nous n’avons rien imposé de nouveau. Ce n'est pas une rotation. Quand on vous dit que si le sable mouillé sort de votre carrière, vous risquez d'avoir un problème au même titre que celui qui le transporte. Ils racontent des histoires. A Yopougon, il y a au moins cinq carrières qui fonctionnent par jour. C'est pareil à Koumassi, à Bingerville... Il n'y a pas de problème de rotation. Ils ont induit des gens qui les ont suivis en erreur; ces personnes découvriront la vérité.»


OM



mercredi 28 août 2013

Lutte contre les coupeurs de route/ Le ministre de la Défense en tournée en pays walébo (Sakassou)

Accusés d’être des coupeurs de route


Les éleveurs "Peulhs" de Sakasssou se défendent


Dans le cadre de sa tournée de sécurisation et de lutte contre les coupeurs de route, le ministre de la Défense, Paul Koffi Koffi, a accusé le 18 août au centre culturel de Sakassou les éleveurs "peulhs" d’être les coupeurs de route.  Ces derniers nient en bloc les faits mis à leur charge.

Les éleveurs de bovins de Sakassou (situé à 42 km de Bouaké, ndlr) nient en bloc l’accusation portée contre eux par le ministre auprès du président de la République chargé de la Défense. En visite dans le pays walébo le 18 août, Paul Koffi Koffi a déclaré que les éleveurs "Peulhs sont devenus les coupeurs de route". C’était dans la salle de réunion du centre culturel. «Je le dis parce j'ai des informations. Je ne peux quitter à Abidjan pour venir vous dire n'importe quoi. Si on prend la zone du Nord, du Centre, de l'Est, du Sud-Est. Au Sud-ouest et à l'Ouest il s'agit d'autres choses. Pour ces zones (Nord-centre et Est) la plupart des coupeurs de route ont un lieu avec les Peuhls soit ce sont eux ou ce n'est pas loin d'etre eux. Je ne sais pas ce qui ce qui se passe dans la communauté Peuhl. Parlez à vos parents. Parlez à vos enfants. On ne veut plus ça. Si je les prends je vais les arrêter…», a menacé le ministre de la Défense. Face aux récriminations, le président de l’Association des éleveurs de Sakassou(Aes) a rejeté les faits mis à leur charge. «Concernant le phénomène des coupeurs de route, ici à Sakassou nous n'avons jamais vu des peulhs impliqués dans ces affaires-là. Il n'y a pas de Peulh braqueur ici. Nous connaissons la grande majorité des éleveurs. Nous nous fréquentons et nous sommes regroupés dans une association. Donc, nous n'avons jamais été saisis d'un problème de vol, de braquage, de coupeurs de route où des peulhs ont été impliqués. Jamais», s’est défendu Lammé Sosthène. D’après Sangaré Amadou, représentant des éleveurs "peulhs" l’accusation du ministre ouvert la porte à toute sorte de dérive. « Moi, je suis ici (Sakassou, ndlr) cela fait plus de 20 ans. Ce que le ministre a dit peut créer un problème entre nous et les populations. Ceux qui ne cherchent pas à comprendre la réalité des choses ils peuvent s'attaquer à tous les peulhs. Ce qui n'est pas normal. Cela va créer plus de problèmes. Hors, il faut éviter d'alimenter des tensions inutiles. Nous n'avons jamais eu connaissance de cas ou des peulhs ont été impliqués dans les histoires de coupeurs de route », a-t-il soutenu. 

«Voici notre problème avec les populations»

Pour M. Lammé, le seul problème auquel ils sont confrontés ce sont les conflits de cohabitation entre eux et les agriculteurs. «Nous sommes plutôt confrontés au problème de conflit entre agriculteurs et éleveurs. Cependant, nous sommes régulièrement saisis par certains agriculteurs de plaintes relatives à la destruction de leurs plantations par nos animaux. Les bœufs rentrent dans les champs pour les dévaster. Entre nous et les agriculteurs il existe un partenariat. On s'arrange toujours à trouver des terrains d'entente. Nous avons travaillé avec l'Ong Caire International dans le cadre de séance de formation et de règlement de conflits. Nous avons identifié cinq villages où il y a assez de conflits entre éleveurs et agriculteurs. Des comités de paix ont été installés dans chaque village. Il s'agit du village de Ayaoussokta, de Kohoukro; de Assandrè; de Odiahè et de Kongoh », a-t-il expliqué en soutenant qu’aucun peulh ne loue une arme à feu pour aller commettre des actes répréhensibles. « Si nous avons connaissance qu'un peulh détient une arme alors nous n’hésiterons pas à le dénoncer automatiquement à la gendarmerie. Le fait que le ministre dise que nous sommes devenus les coupeurs de route cela nous met mal aise. Nous ne nous reconnaissons pas les faits. Les accusations du ministre peuvent révolter les agriculteurs. Ceux-ci peuvent se braquer contre nous pour rien », craint-il.


Ouattara Moussa, envoyé spécial à Sakassou







mardi 27 août 2013

Visite de l’organisation professionnelle des journaliste de Côte d'Ivoire(Ojpci) à Nord-Sud quotidien

Photo de famille hier lundi 26 août à la rédaction de Nord-Sud Quotidien avec une délégation de l'organisation des journalistes professionnels de Côte d'Ivoire (Ojpci). La délégation composée de quatre journalistes était conduite par Ali Yoda. Moi, je suis à l’extrême droite avec un sac en main.









samedi 24 août 2013

Désarmement des ex-combattants d'Abobo



Interview avec: 

Le cdt Gaoussou Koné alias Jah Gao, commandant du camp commando d'Abobo :


«Nous allons désarmer de force les ex-combattants à Abobo»


Le commandant du camp commando d'Abobo a affirmé qu’à la fin du dépôt volontaire d’armes, tous les ex-combattants qui ne se plieront pas aux instructions seront désarmé de force.


Qu'est-ce qui est l'origine de la colère des ex-combattants logés dans les résidences universitaires?

Nous sommes en train de faire un travail propre. Il est question de voir au sein du camp qui loge, qui fait quoi. Je suis en train de récupérer toutes les armes. Je ne veux plus voir un élément en arme en ville. Je ne veux plus voir un élément qui tient une arme chez lui à la maison. C'est ce travail que je suis en train de faire. Je suis en train de faire un recensement. L'élément dépose son arme. On prend son identité. En face de son nom, je mets le numéro de son arme qu'il a déposé. Sans oublier de prendre son contact téléphonique. Je suis en train de mettre en place un magasin d'armes. Nous sommes passons dans toutes chambres occupées par les éléments pour voir qui est là et qui fait quoi. Nous sommes dans la normalité maintenant. Il faut que les choses soient normales. Plus d'armes au dehors à Abobo. Nos hommes que vous allez voir en arme en ville, c'est qu'ils sont de service. Toutes les armes seront stockées dans le magasin d'arme. Ceux qui font prendre le service on va leur donner les armes pour travailler. Ils font faire la patrouille et ils reviennent le lendemain matin déposer les armes qu'on leur a remises la veille. Plus d'armes à la maison. Plus d'armes dans les rues. C’est ce travail que je suis en train de faire.

Peut-on affirmer que c'est cela qui explique leur colère ?

Ceux qui parlent ou qui grognent ce sont des éléments qui n'ont participé aux combats. Ils ne savent même pas tenir une arme à feu. Mais nous n'allons pas céder à cela.  Nous sommes habitués à ce genre de situation.

Est-ce que vous avez identifiez ces éléments en colère ?

On ne peut les identifier. Moi, je connais ceux qui ont combattu à Abobo lors de la crise post-électorale  Je connais les combattants. Ceux qui s'agitent ce sont de gens qui veulent se promener avec les armes en ville pour agresser les honnêtes citoyens. Donc, l'opération de dépôt d'armes ne les arrange pas. Quand l'Addr (Autorité pour le désarmement, la démobilisation et la réintégration, ndlr) lance l'opération de dépôt d'armes. Les éléments n'envoient que les armes défectueuses. Ils gardent à la maison, les armes fonctionnelles c'est-à-dire les vraies armes.

A quoi obéit cette opération ?

Je vous dis tout à l'heure qu'on ne veut plus voir d'éléments en armes. Moi-même je suis commandant mais je ne détiens pas une arme chez moi à la maison. L'armement d'Abobo doit être stocké dans un magasin d'armes. Mais ce  n'est pas nouveau l'opération que nous sommes en train de faire. Il y a longtemps que le chef d'état-major nous avait demandé de lancer l'opération de dépôt d'arme. Et c'est ce que nous faisons.

Mais ce n'est pas votre rôle du désarmer. C'est plutôt l'Addr qui doit le faire.

Vous pensez que l'Addr peut désarmer aussi facilement?

Pourquoi l'Addr ne peut pas désarmer, selon vous ?

Il y a bien longtemps que l'opération de désarmement a commencé. Pour ça piétine. Au niveau d'Abobo, je suis en train de mettre en place mon organisation de sorte que toutes les armes d'Abobo soient stockées dans le magasin. Mais l'Addr ne peut pas prendre toutes ces armes. Nous avons besoins des armes pour travailler.

Comment allez-vous procédé pour récupérer effectivement toutes les armes cachées ?

C'est au cours des opérations lancées par l'Addr que les éléments ne présentent leurs vraies armes. Prenons un cas pratique. Sur cette liste (il nous la montre, ndlr), vous avez Diarrassouba Lamine. En face de son nom, il est marqué son numéro de profilage; le numéro de l'arme qu'il a déposé et son contact téléphonique. C'est ce travail que je suis en train de faire. Tous ceux-là ont des armes. Mais ils ne peuvent les garder sur eux. Il faut que les armes soient stockées dans un seul endroit.

Et s'ils refusent de déposer les armes. Qu'est-ce que vous allez faire ? 

Ils ne peuvent pas refuser. Ils sont obligés de déposer leurs armes. Parce que je leur ai dit que pour que votre nom soit sur la liste des ex-combattants d'Abobo il faut venir déposer les armes. Il y a des éléments qui sont venus de Bingerville pur déposer leurs armes. On leur a dit de patienter pour un court moment le temps pour nous d'achever l'installation de la poudrière. Cela va se faire cette semaine. Vue l'affluence, nous sommes fait un programme. Il y avait plusieurs groupes de combattants à Abobo. On les regrouper en cinq compagnies. Pour la 1ère compagnie dirigée par Coulibaly Sindou elle est composée des groupes tels que Fara; 14ème; 007; Hamed Dca;T; Palestine et Degaule. Donc tous ces petites groupes forment un seul bloc qui la 1ère compagnie dirigée par un chef. Quand je prends la 2ème compagnie, il y a Gaza; Sniper;34ème, Ccra, Udis ...Elle est dirigée par Kouma Moritchè. La 3ème compagnie est dirigée par Diarrassouba Broulaye. Elle regroupe Kossovo; Scorpion; Lougarou; Choco; Lion. Ensuite de suite. Donc, c'est ce travail que nous sommes en train de faire. On a établi un chronogramme de dépôt d'arme pour ces différentes compagnies. A partir du 27 août prochain, on commence avec la 1ère compagnie qui est commandée par Coulibaly Sindou. A la fin de l'opération, il signe pour dire que les éléments qui composent sa compagnie ont tous déposé leurs armes. Nous avons son contact téléphonique. Il indique le nombre et le type d'armes déposées. On a recensé 302 chambres occupées par 376 éléments. Ceux qui son en colère se sont des gens qui n'ont pas jamais participé aux combats. Quand l'Addr nous donne un quota alors nous partagé de façon équitable les places disponibles. On nous dit par exemple. Abobo vous avez 30 places. Je convoque les différents chefs de compagnie. Je ne connais pas les éléments. Moi, j'ai affaire aux chefs. Je leur dit qu'il y a 30 places pour cinq compagnies. On divise le nombre de places par le nombre de compagnie. Je leur demande de me donner la liste de leurs hommes. Lorsque je reçois la liste alors je la déposée auprès de l'Addr.

Selon nos sources, vous êtes en train de chasser des ex-combattants des cités universitaires au profit d'élèves et d'étudiants. Est-ce le début du déguerpissement?

Quels élèves (rire).

Les jeunes qui sont encore sur les bancs d'école

Dans un camp militaire, logés des élèves, ce n'est pas possible. C'est une information erronée. Ce sont les militaires qui sont logés dans ces chambres. C'est pour amener les gens à déposer leurs armes. Nous sommes en train de préparer la libération de la cité universitaire. Elle appartient aux étudiants. Ce n'est pas un camp militaire. Du jour au lendemain on peut dire qu'on va réhabiliter la cité pour faciliter le retour des étudiants. On fait comment. On doit préparer nos hommes à cela. Sinon, on risque de créer un autre problème.

Qui sont les gens qui logent dans les chambres des cités universitaires?

On est en train de faire un recensement par chambre après chambre pour voir qui est là et qui fait quoi.

Est-ce que vous le savez maintenant ?

On le sait. Ce sont des militaires qui occupent les chambres. C'est eux même qui créent ces problèmes. Parce qu'il y a certains éléments qui ont logé des vendeurs de moutons. Ces personnes-là n'ont rien à faire dans un camp militaire. C'est au cours des opérations de recensement que nous avons découvert cela. Il se trouve que ces personnes sont logées avec la complicité de certains éléments. Ils disent que ce sont soient leurs frères. On leur demande tout simplement de quitter la cité. C'est du n'importe quoi. Il faut assainir. Certains éléments mettent en location leur chambre comme les étudiants le faisaient dans le temps. Ils vendent aussi l'électricité aux gérants de kiosque à café. Donc, vous comprenez pourquoi ces éléments sont mécontents. C'est à cause de ces genres de comportements. Mais nous on ne va céder à ces grincements de dents. Lorsque l'opération de dépôt volontaire d'arme va prendre fin. Celui qu'on va voir avec une arme dehors il devra s'expliquer.

C'est-à-dire

On va mettre la personne en prison pour détention illégale d'arme à feu et d'arme de guerre. Il y a un moment de flottement. Aujourd’hui, nous sommes dans la normalité. Moi-même qui est suis cdt je ne détiens pas d'arme à feu à la maison.

Est-ce qu'on peut dire que vous avez pris le taureau par les cornes?

Depuis longtemps nous faisons ce travail. Nous avons réussi à regrouper les petits groupes de combattants dans des compagnies pour former des blocs homogènes. Elles sont dirigées par des chefs qui nous connaissons très bien. C'est un travail progressif. Faut mieux déposer tranquillement son arme au lieu de se faire humilier devant sa famille. Nous allons passer à une étape supérieure. Vous déposez tranquillement votre arme ou bien vous déposez de force. J'ai les hommes et les moyens pour désarmer de force. 




Réalisé par Bahi K. et Ouattara Moussa


     

      
    








vendredi 23 août 2013

Désarmement des ex-combattants à Abobo


Désarmement à Abobo

Un ex-combattant défie le cdt Jah Gao


Ce matin (vendredi 23 août, ndlr) , au camp commando d'Abobo, l'opération de désarmer obligatoire des ex-combattants a débuté. Le cdt Gaoussou Koné alias Jah Gao dirige lui-même l'opération. Une centaine d'armes à feu ont été réceptionnées. Il s'agit d'armes lourdes telles que des mortiers 60;  des AA52; des T80; des Rpg7; des lance-roquettes.  Il s'agit aussi des armes légères à savoir des Kalachnikovs; des Fusils mitraillettes (FM); des Fusil semi automatiques (FSA); des Sig; des grenades et plusieurs caisses de munitions. Toutes les chefs de compagnie et leurs éléments se sont présentés avec leurs armes qu'ils ont déposées. Selon nos interlocuteurs, l'opération se poursuit pour prendre fin la semaine prochaine. Mais le chef de la 2 ème compagnie, un certain Kouma Moritchè a défié l'autorité du cdt Jah Gao. Il a refusé de déposer ses armes. Affaire à suivre…


Ouattara Moussa

mercredi 21 août 2013

Escroquerie sur la toile

Escroquerie sur la toile

Quatre cybercriminels arrêtés

Un réseau organisé de cybercriminels a été démantelé ce Vendredi 16 Août 2013, par la Plateforme de Lutte Contre la Cybercriminalité (Plcc). L'interpellation est intervenue suite à une information anonyme qui est venue corroborer les hypothèses de recherches, émises par les enquêteurs de la PLCC depuis de longs mois. En effet, les investigations menées par la PLCC suite à de nombreuses plaintes reçues, avaient laissées clairement apparaître une forte activité cybercriminelle émanant d'une agence western union située dans le quartier d'Abobo-N’Dotré. Le réseau était constitué de cybercriminels qui profitaient des largesses de fonctionnaires de l'agence western union (caissières, agents de sécurité). En effet, les cyber-délinquants se faisaient payer les mandats frauduleux reçus de leurs victimes, par les agents de l'agence western union au mépris des règles de conduite et d'éthique professionnelle. Ainsi de nombreux mandats avaient été payés sans pièces justificatives de l'identité et sans la présence physique du bénéficiaire au sein de l'agence. C'est donc un réseau de cinq cyber-délinquants répondant aux noms respectifs de : Sadia Claude, Pocka Yannick (agents de sécurité de l'agence western union), Kéi  Evelyne Christelle (caissière à l'agence western union), Coulibaly Seydou, Doumbia Abdoul (cyber-escrocs), qui a été mis aux arrêts. En attendant de faire la lumière sur toutes les autres ramifications du réseau, les cinq quidams interpellés ont été déférés devant le parquet d'Abidjan-Plateau.



Source: Plateforme de la lutte contre la cybercriminalité 

Ouattara Moussa


mardi 20 août 2013

Tournée de sécurisation à l’intérieur du pays

Tournée de sécurisation à l’intérieur du pays


L’appel de Paul Koffi Koffi à ses hommes


Lors de son entretien avec les autorités administratives, politiques, militaires et les populations des villes visitées, le ministre de la défense a tenu un discours franc.

A Oumé. Paul Koffi Koffi a répété vendredi qu’il est impossible de renverser le pouvoir d’Abidjan. Le faisant, il a emboîté le pas au chef du parlement. Ce dernier était en visite officielle dans la région du Gôh (Gagnoa). Selon le ministre auprès du président de la République chargé de la Défense, toutes les actions submersibles sont vouées à l’échec. « Il y a encore des gens qui pensent qui peuvent faire un coup d’Etat. Il est impossible de faire un coup d’Etat. Les jeunes gens qui jouent les Zorro en attaquant les commissariats et les prisons se lancent dans des opérations suicidaires. On peut prendre deux ou trois kalachnikovs. Mais on ne peut attenter à la sûreté de l’Etat avec ça. Ça ne peut pas continuer. Donnez des conseils à vos enfants. Comme on le dit ils doivent quitter dans ça », a-t-il insisté en présence du préfet Dogbo Labé François, du sous-préfet, M. Safou, des autorités coutumières et des chefs de communautés. Le ministre de la Défense a eu le même ton à Sinfra, en pays Gouro. Selon lui, les officiers en exil sont des soldats égarés. Il a cité le lt-colonel Gouanou et le capitaine Zadi comme étant « des gens perdus» et qui « se promènent de pays en pays » pour a-t-il précisé recruter et entraîner des mercenaires et de jeunes miliciens. «Ils sont encore dans la logique d'attenter à la sureté de l'Etat. On leur demande de rentrer. Certains ont été pris la main dans le sac», a-t-il expliqué. Paul Koffi a indiqué qu’il explique les moyens de communication sophistiqués qui permettent de suivre le mouvement de ces militaires. «On les suit à distance. Ce qu'ils font ailleurs on le sait. Beaucoup ont été mis aux arrêts. Il y a encore quelques officiers qui sont à l'extérieur à qui on demande de rentrer. Mais ils croient qu'ils peuvent perturber l'Etat de Côte d'Ivoire. Nous les invitons à rentrer. Le président de la République, dans le cadre de sa volonté de pacification, certains officiers ont recouvré la liberté. Ils occupent à nos côtés des responsabilités au sein de l’armée », a-t-il insisté. Dans sa croisade contre les coupeurs de route qui sévissent depuis quelques mois sur nos routes, l’ancien directeur de l’emploi a fait une révélation de taille le 17 août aux étapes de  Gohitafla et de Zuénoula (Bouaflé). Il a décrit la trajectoire de ces criminels.


«Le renseignement est plus fort que l’arme à feu»


«La ceinture qui part de Sakassou à Béoumi en traversant Vavoua, Gohitafla, Bouaflé, Zénoula est la ceinture de coupeurs de route.  Ces bandits partent de Bouaké, de Sakassou, de Béoumi et de Mankono. Ils se retrouvent dans cette zone (Bouaflé, Gohitala et Zénoula, au Centre-Est ndlr) pour attaquer les populations. Ils agissent tranquillement. Ils ne se sentent pas ni gêner ni menacer. Ils vous perturbent. Souvent il y a morts d'hommes. C'est pourquoi le président de la République nous a demander d'attaquer ce phénomène de coupeurs de route à bras le corps. C'est un signal que je lance ici à Gohitafla. Je demande aux coupeurs de route de cesser leur activité. Qu'ils arrêtent de traumatiser les populations», a menacé le ministre de la Défense. Pour lui, les populations doivent renseigner les forces de l’ordre sur tous les mouvements suspects qu’elles observées. «(…) Les gens les voient mais ils ne disent rien. Dans certains pays dont je ne nommerai pas, les policiers ne sont mêmes pas armés. Mais c'est le renseignement. Il est plus fort que l'arme à feu. Je vous demande chez parents de nous aider. Je ne dis pas de faire la délation. C'est- à dire que vous n'aimez pas la tête de votre voisin et vous portez contre lui de fausses accusations. Ce n'est pas de cela qu'il s'agit », a précisé  Paul Koffi Koffi. D’Oumé à Béoumi en passant par Sinfra, Gohitafla et Zuénoula, il a mis en garde les policiers, les gendarmes et les militaires contre le racket, l’indiscipline, le manque de courtoisie envers les populations.  

Ouattara Moussa, envoyé spécial




Paul Koffi Koffi a interpellé certains de ses hommes qui refusent de porter leurs nouvelles tenues  


Encadré:


85 milliards pour la réinsertion des 65.000 ex-combattants


Selon le ministre auprès du président de la République chargé de la Défense, la réinsertion des 65.000 ex-combattants profilés va coûter 85 milliards Fcfa. Il a livrée l’information à la salle de la mairie de Béoumi. C’était le 18 août lors des échanges qu’il a eu avec les populations. D’après lui, l’Autorité du désarmement, de la démobilisation et de la réintégration(Addr) a entrepris un programme de réinsertion où 7000 ex-combattants ont été incorporés au sein des gardes pénitenciers, de la douane et des eaux et forêts. «Je demande aux ex-combattants d'être patients parce que l'Etat ne peut pas les oublier.ils ont mis leur vies en périls. On ne dira que les autres n'ont pas fait cela. C'est une question de solidarité nationale et de cohésion sociale. Il ne faut qu'il y ai un groupe qui plus de bruits que les autres. Quand cela se passe comme cela, les gens ne viennent investir dans le pays. Un seul tir gâte tout. Tout le monde a souffert. Certains ont perdu leurs biens, leurs parents. D’autres ont sauvé les archives de l’administration. Donc, tout le monde a souffert», a-t-il conclu  en indiquant que le problème de la réintégration des ex-combattants rentre dans la politique globale de l’emploi. Il a aussi indiqué que des efforts sont en train d’être fait pour les problèmes relatifs à l’entretien des troupes et à l’armement par la levée progressive de l’embargo sur les armes. 



Ouattara Moussa, envoyé spécial    



 


Le ministre auprès du président de la République chargé de la Défense passe en revue les troupes à l'entrée de la ville de Zuénoula.