lundi 19 août 2013

Coupeurs de route: Réaction du ministre de la Défense

Après les accusations contre la communauté Peuhl / Paul Koffi Koffi :


«Ce n’est pas une stigmatisation»



Débutée le 16 août par Oumé, le ministre de la défense a achevé dimanche sa mission de sécurisation par l’étape de Béoumi.  Face à la presse, il a fait le point de la situation.

Depuis plus de trois jours, vous êtes sur le terrain. Quel bilan faites-vous?


Le bilan est positif. L’objectif était de m'enquérir de la situation sécuritaire en général mais surtout le phénomène des coupeurs de route contre lequel nous luttons. Ensuite, Nous avions l'obligation de un trajet de coupeurs de route qui part de Bouaké en passant par Béoumi, Sakassou jusqu'au pays Gouro: Zénoula, Sinfra, Oumé etc. Je pense que le message passé était de dire aux coupeurs de route que c'est l'Etat qui va s'implanter par un dispositif très fort et costaud qui est en train de se mettre en place progressivement. Les résultats sont encourageants. Puisque depuis que nous passons, c'est chaque jour que nos hommes nous indiquent l'arrestation de coupeurs de route. Et déjà, nous sommes à une dizaine de coupeurs de route arrêtés. Ensuite, nous avons les préoccupations concernant les barrages, le racket et le comportement de nos hommes. Chaque fois que nous avons vu certains de nos éléments postés à un endroit sans autorisation, nous les prenions et nous les envoyons au poste avancé de gendarmerie. Cela ne peut se faire qu'avec l'autorisation des autorités préfectorales. Enfin, il y a des problèmes particuliers à chaque localité. Par exemple la question des orpailleurs dans certains endroits. Ici à Béoumi, la question des éleveurs et des paysans. Ailleurs, ce sont des problèmes de cohabitation. Nous avons attiré l'attention sur nos parents Peulh. Pour dire que les Peulhs devenus coupeurs de route cela fait trop. Et que nous allons parler à cette communauté partout où nous sommes passés. Nous leur avons demandé de réunir leur communauté pour leur dire qu'il faut qu'elle s'inscrive comme toutes les autres communautés dans l'esprit de vie dans lequel ils ont toujours habités. C'est très important pour renforcer la cohésion sociale. Nous avons aussi abordé naturellement la question de la réconciliation. Ici à Béoumi comme à Sakassou, il y a par exemples la question de la chefferie. Nous allons suivre ces questions. Nous avons abordé la question de l'occupation illicite des sites. Le président de la République va effectuer une visite d'Etat dans la région du Gbêke. Il faut que ceux qui occupent encore de façon illégale des sites privés ou publics puissent les libérer. Cela participe à la réconciliation. J'ai écouté les parents. Pour eux, c'est véritablement un problème de réconciliation. Il faut mettre le sujet sur la table. Je sais que tout le monde a compris la nécessité de tourner la page.

M. le ministre, à Sakassou, vous avez affirmé que les Peuhls sont devenus des coupeurs de route. Est-ce qu'il ne faut pas craindre une stigmatisation de cette communauté qui peut se traduire par des représailles contre elle ?

Ce n'est pas une stigmatisation. C'est un constat. D'ailleurs nous sommes surpris. C'est pour cela que j'ai invité partout où je suis passé la communauté Peuhl à essayer de comprendre pourquoi parmi elle, certains de leurs fils qui s'adonnent à ce phénomène répréhensible. C'était donc une alerte avant qu'on arrive à des situations désagréables.


Quelle est le nombre exactement de coupeurs de route arrêtés?


La dernière mission que nous avons effectuée(en juillet, ndlr), nous étions à une quarantaine de coupeurs de route arrêtés. Aujourd'hui, nous sommes à une soixantaine. Parce que cela fait déjà une dizaine de jours que nous venons de terminer la dernière mission. Donc, ce sont rajouter une vingtaine d'arrestation.



Concernant le problème de la cohabitation entre éleveurs et agriculteurs constaté dans la région. Quel commentaire et quelles sont les dispositions pratiques que vous comptées arrêter pour lutter contre ce phénomène ?    


 J'ai dit que ce sont des problèmes locaux et qu'il appartient aux autorités préfectorales qui font beaucoup de travaux. Elles doivent mettre en place des comités locaux, régionaux et préfectoraux de sécurité afin que les acteurs se retrouvent et quand ensemble ils trouvent des solutions. Par exemple, les enclos pour les éleveurs. Ces derniers ne doivent pas laisser les enfants de 3 ans ou 4 ans suivre les bœufs et qui font détruire les plantations. Donc, il y a une entente cordiale à créer pour que cette cohabitation soit acceptable.

Vous faites beaucoup d'effort pour ramener la sécurité. Entre-temps, il y a l'embargo sur les armes. Est-ce que cela ne constitue pas un facteur limitant et qu'est ce que vous faites pour faire sauter l'embargo?


La situation a beaucoup évolué. Il y a deux ans c'était complètement restrictif. Il y a des leviers, aujourd'hui, qui n'existent plus. Il reste un dernier levier. C’est tout ce qui est armes. Pour lequel, il y a des procédures. Elles sont connues mais elles sont longues. Ce n'est pas automatique. A l'époque pour acheter un véhicule ou envoyer même des hommes en formation, il fallait s'adresser à New York. Aujourd’hui, ces mesures sont levées. Donc, il ne reste plus qu'une seule mesure.il y a une procédure à suivre. Elle n'est pas totale mais elle requiert d'appliquer ces procédures qui sont quelquefois longues pour acquérir l'armement nécessaire pour nos hommes. Mais nous suivons cela de près. Nous sommes confiants pour le futur.

Propos recueillis par Ouattara Moussa, envoyé spécial à Béoumi.





Le ministre Paul Koffi Koffi a assuré que le dernier verrou de l’embargo sur les armes va sauter dans les mois à venir.   


Peulhs accusés de Coupeurs de route

Encadré :

Il faut éviter le piège de la stigmatisation


Les éleveurs Peulhs de Sakassou ont pris à contre-pied les accusations portées contre eux par le ministre Paul Koffi Koffi. Ils ont rejeté en blocs les récriminations selon lesquelles ils se sont transformés en coupeurs de route. « Concernant les braquages impliquant les éleveurs Peulh nous n'avons jamais été informée de cette situation. Nous n'avons jamais appris que des Peuhls ont été arrêtés pour braquage sur les routes. Ici, à Sakassou, on n’a jamais vu ça. Il n'y a pas de braqueurs au niveau des Peuhls de Sakassou », a soutenu Lammé Sosthène, porte-parole de l’association des éleveurs  de Sakassou. Selon lui, le seul problème qui existe c’est celui des conflits de cohabitation entre éleveurs et agriculteurs.  «Des comités de paix ont été installés dans les villages. Il s'agit de Ayahouso, de Kohoukro, de Assandrè, de Odiayè et de Konko », a précisé notre interlocuteur dont les propos ont été soutenus par le représentant de la communauté des éleveurs Peuhl de Sakassou.  "Chez nous ici à Sakassou nos compatriotes  ne sont pas des coupeurs de route. Parmi nos tuteurs, qui ne comprennent pas, ils peuvent vouloir s'attaquer à nos compatriotes. Mais la grande majorité de la population de Sakassou sait que nous ne sommes pas impliqués dans ces affaires-là. Nous n'avons jamais été informés de ce qu’un éleveur a été arrêté pour braquage. Le problème principal est celui des conflits avec les paysans. Cela fait plus de 20 ans que je vis ici à Sakassou », a indiqué Sangaré Amadou.

Ouattara Moussa, envoyé spécial à Sakassou


A propos des attaques sur les axes routiers/Paul Koffi Koffi accuse

A propos des attaques sur les axes routiers/ Paul Koffi Koffi, ministre de la Défense 


 «Les Peuhls sont devenus les coupeurs de route»


Il n’y a plus de doute sur l’identité des coupeurs de route. Selon le ministre de la Défense, les éleveurs Peuhls sont les auteurs de cette forme de banditisme.

Après avoir dévoilé la ceinture des coupeurs de route, qui part de Sakassou à Béoumi en traversant Vavoua ; Sinfra ; Gohitafla ; Bouaflé et Zénoula, Paul Koffi Koffi a affirmé dimanche au centre culturel de Sakassou (42 km de Bouaké, ndlr) que ces bandits de grand chemin sont des ressortissants de la sous-région. «Le chef de gang des coupeurs de route de Béoumi a été mis hors d'état de nuire. Les bandits se croient plus malins que l'Etat. Ils sont en train de récidiver. Mais nous sommes plus forts qu'eux. C'est juste une question de temps. C'est pourquoi j'ai demandé que la communauté Peuhl soit-là ce matin (dimanche, ndlr). Les Peuhls sont des habitants très corrects et très sérieux. Ils font le commerce. Mais malheureusement aujourd'hui ils se sont transformés en coupeurs de route. Ils sont devenus des coupeurs de route Cela est inadmissible. On ne peut pas l’accepter. On vous accueille chez nous. On vous donne tout ce qu'il faut et puis vous tirez sur les gens, sur les véhicules. Les gens meurent. Les familles sont en pleurs. Elles sont endeuillées. Cela est inadmissible. Nous allons réagir », a menacé le ministre auprès du président de la République chargé de la Défense. Après le pays Yalèbo, Paul Koffi Koffi s’est rendu à Béoumi, situé à 65 km de capitale de la paix. Il a soutenu que ces accusations tiennent la route. A en croire le ministre, il n’y a pas de doute sur l’identité des coupeurs de route. « Je le dis parce j'ai des informations. Je ne peux quitter à Abidjan pour venir vous dire n'importe quoi. Si on prend la zone du Nord, du Centre, de l'Est, du Sud-Est. Au Sud-ouest et à l'Ouest il s'agit d'autres choses. Pour ces zones (Nord-centre et Est) la plupart des coupeurs de route ont un lieu avec les Peuhls soit ce sont eux ou ce n'est pas loin d'etre eux. Je ne sais pas ce qui ce qui se passe dans la communauté Peuhl. Parlez à vos parents. Parlez à vos enfants. On ne veut plus ça. Si je les prends je vais les arrêter. On va régler ce problème en appliquant la loi. Parce qu'on ne peut pas accepter que des voyageurs qui quittent Abidjan pour Bouaké soient tués par des coupeurs de route. On ne peut pas accepter cela. Après mon départ, le préfet, le sous-préfet et le maire vont réunir la communauté Peuhl pour leur parler pour qu'elle arrête de s'attaquer aux véhicules sur les routes », a répété Paul Koffi Koffi à la salle des fêtes de la mairie de Béoumi lors de la rencontre qu’il a eu avec autorités administratives, politiques, militaires et les différentes couches sociales de la population.  


Ouattara Moussa, envoyé spécial à Sakassou






Paul Koffi Koffi a invité ses hommes et autres individus occupant des sites privés ou publics à les libérer avant la visite du chef de l’Etat dans la région du Gbêkè.  




















  


jeudi 15 août 2013

Sécurité nationale: les préfets de police en colère contre l'inspecteur général Bredou Mbia, directeur général de la police

Insuffisance de policiers, manques de moyens logistiques,…

12 préfets de police flinguent Bredou Mbia


Profitant de la cérémonie de réception du meilleur policier primé le 6 août, les préfets de police de l’intérieur du pays ont exposé les difficultés auxquelles ils sont confrontés dans l’exécution de leur mission.  

Ils sont douze. Ils n’ont pris de gant pour exprimer la galère qu’ils vivent dans les différentes zones de compétentes. Les douze préfets de police ont indiqué, à l’inspecteur général Brédou Mbia, directeur général de la police, qu’ils sont dépourvus de tout. C’était le mercredi à la salle des fêtes de l’école de police de Cocody lors de la cérémonie de réception du meilleur policier (sergent-chef Dan Guy Roger) récompensé le 6 août au cours de la journée de l’excellence. Entre autres difficultés, ces préfets de police ont énuméré l’insuffisance du personnel ; le manque de moyens logistiques (véhicules de transport de troupe, véhicules de patrouilles) ; mais surtout l’absence de moyens de communication entre les préfectures de police et les commissaires placés sous leur autorité. «Nous ne sommes pas logés à la même enseigne que nos collègues d’Abidjan. La radio de transmission ne fonctionne pas depuis des lustres. L’antenne ne marche malgré les efforts entrepris pour sa remise en état. La préfecture de police de Bouaké ne possède pas de radio de transmission. C’est un outil très important pour accomplir notre mission de sécurisation. Nous sommes coupés avec nos éléments lorsqu’ils sont en intervention », a déploré le commissaire divisionnaire N’Guessan Kouassi Germain, préfet de police de Bouaké. Ses propos ont été renchéris par le préfet de police de Yamoussoukro. Selon le commissaire divisionnaire major, Sanogo Soumaïla, les services de sécurité de la capitale politique sont confrontés au problème d’interférence des fréquences des communications radios avec les éléments de l’Opération des nations unies en Côte d’Ivoire (Onuci). «Cela nous gène énormément dans notre travail. Nous avons entrepris des démarches auprès des responsables de l’Onuci. Mais la situation n’a pas changée », s’est navrée le patron de la préfecture de police de la région du Bélier.

Les policiers vont téléphoner au Mali

A en croire le commissaire divisionnaire Gogo Gnankouri, les conditions de travail des policiers ne sont pas reluisantes à Odienné et dans les autres commissariats de police des villes environnantes. D’après le préfet de police de la région du Denguélé, aucun commissariat de police ne dispose ni d’une ligne téléphonique ni d’un fax pour envoyer les documents administratifs à la hiérarchie. «Nous n’avons rien pour travailler. Prenons le cas du commissariat de police de Miniginan. Nos éléments se déploient jusqu’à la frontière dans le cadre des opérations de sécurisation. Mais une fois qu’ils quittent la base il n’est plus possible de communiquer avec l’équipage car ils sont dépourvus de radios et d’autophones. Ils sont obligés de traverser la frontière pour se rendre sur le territoire malien. C’est à partir de là-bas qu’ils nous rendent compte de la situation en utilisant le réseau de téléphonie mobile Malitel. Il y a donc des risques d’interceptions des renseignements. Concernant l’absence de fax. Cette situation ralentie la prise de décision. Lorsque nous demandons à nos hommes de nous envoyer le rapport d’une situation. C’est un parcourt du combattant. Ils sont obligés de venir jusqu’à Abidjan pour que nous envoyer le fac-similé du rapport à Odienné. Cette opération peut prendre facilement deux jours. C’est ce qui explique le retard dans la prise de décision », a-t-il regretté. Le commissaire divisionnaire Dosso Siaka, préfet de police d’Abengourou, a mis l’accent sur l’absence de véhicule de transport de troupe qui freine ses éléments et lui dans l’accomplissement de leurs tâches. Faces aux difficultés des préfets de police, le directeur général de la police a déclaré brièvement ceci : « Nous sommes conscients de vos difficultés.  Mais vous devez faire des efforts avec le peu de moyens dont vous disposez. Les moyens vont venir progressivement.» Contre toute attente, les journalistes ont été priés de sortir de la salle. La rencontre s’est poursuivie à huis-clos.  


Ouattara Moussa


Bredou Mbia doit trouver des solutions aux problèmes de fonctionnements des préfectures de police de l’intérieur du pays.  

Sécurité nationale: les préfets de police en colère contre l'inspecteur Bredou Mbia, directeur général de la police

Insuffisance de policiers, manques de moyens logistiques,…

12 préfets de police flinguent Bredou Mbia


Profitant de la cérémonie de réception du meilleur policier primé le 6 août, les préfets de police de l’intérieur du pays ont exposé les difficultés auxquelles ils sont confrontés dans l’exécution de leur mission.  


Ils sont douze. Ils n’ont pris de gant pour exprimer la galère qu’ils vivent dans les différentes zones de compétentes. Les douze préfets de police ont indiqué, à l’inspecteur général Brédou Mbia, directeur général de la police, qu’ils sont dépourvus de tout. C’était le mercredi à la salle des fêtes de l’école de police de Cocody lors de la cérémonie de réception du meilleur policier (sergent-chef Dan Guy Roger) récompensé le 6 août au cours de la journée de l’excellence. Entre autres difficultés, ces préfets de police ont énuméré l’insuffisance du personnel ; le manque de moyens logistiques (véhicules de transport de troupe, véhicules de patrouilles) ; mais surtout l’absence de moyens de communication entre les préfectures de police et les commissaires placés sous leur autorité. «Nous ne sommes pas logés à la même enseigne que nos collègues d’Abidjan. La radio de transmission ne fonctionne pas depuis des lustres. L’antenne ne marche malgré les efforts entrepris pour sa remise en état. La préfecture de police de Bouaké ne possède pas de radio de transmission. C’est un outil très important pour accomplir notre mission de sécurisation. Nous sommes coupés avec nos éléments lorsqu’ils sont en intervention », a déploré le commissaire divisionnaire N’Guessan Kouassi Germain, préfet de police de Bouaké. Ses propos ont été renchéris par le préfet de police de Yamoussoukro. Selon le commissaire divisionnaire major, Sanogo Soumaïla, les services de sécurité de la capitale politique sont confrontés au problème d’interférence des fréquences des communications radios avec les éléments de l’Opération des nations unies en Côte d’Ivoire (Onuci). «Cela nous gène énormément dans notre travail. Nous avons entrepris des démarches auprès des responsables de l’Onuci. Mais la situation n’a pas changée », s’est navrée le patron de la préfecture de police de la région du Bélier.

Les policiers vont téléphoner au Mali


A en croire le commissaire divisionnaire Gogo Gnankouri, les conditions de travail des policiers ne sont pas reluisantes à Odienné et dans les autres commissariats de police des villes environnantes. D’après le préfet de police de la région du Denguélé, aucun commissariat de police ne dispose ni d’une ligne téléphonique ni d’un fax pour envoyer les documents administratifs à la hiérarchie. «Nous n’avons rien pour travailler. Prenons le cas du commissariat de police de Miniginan. Nos éléments se déploient jusqu’à la frontière dans le cadre des opérations de sécurisation. Mais une fois qu’ils quittent la base il n’est plus possible de communiquer avec l’équipage car ils sont dépourvus de radios et d’autophones. Ils sont obligés de traverser la frontière pour se rendre sur le territoire malien. C’est à partir de là-bas qu’ils nous rendent compte de la situation en utilisant le réseau de téléphonie mobile Malitel. Il y a donc des risques d’interceptions des renseignements. Concernant l’absence de fax. Cette situation ralentie la prise de décision. Lorsque nous demandons à nos hommes de nous envoyer le rapport d’une situation. C’est un parcourt du combattant. Ils sont obligés de venir jusqu’à Abidjan pour que nous envoyer le fac-similé du rapport à Odienné. Cette opération peut prendre facilement deux jours. C’est ce qui explique le retard dans la prise de décision », a-t-il regretté. Le commissaire divisionnaire Dosso Siaka, préfet de police d’Abengourou, a mis l’accent sur l’absence de véhicule de transport de troupe qui freine ses éléments et lui dans l’accomplissement de leurs tâches. Faces aux difficultés des préfets de police, le directeur général de la police a déclaré brièvement ceci : « Nous sommes conscients de vos difficultés.  Mais vous devez faire des efforts avec le peu de moyens dont vous disposez. Les moyens vont venir progressivement.» Contre toute attente, les journalistes ont été priés de sortir de la salle. La rencontre s’est poursuivie à huis-clos.  


Ouattara Moussa


Bredou Mbia doit trouver des solutions aux problèmes de fonctionnements des préfectures de police de l’intérieur du pays.  

mercredi 14 août 2013

Rififi au sein des Frci à Abobo

Commandant de compagnie, Coulibaly Sindou :


« Nous ne reconnaissons pas Samba Koné»

Le commandant de la première compagnie du camp commando n’est pas content. Le patron de la Compagnie des combattants pour la liberté (Ccl) a dénoncé la déclaration faite hier par le nommé Samba Koné, dans les colonnes du journal  ivoirien L’Inter.


Dans la parution de l'Inter d'hier, le nommé Samba Koné s'est présenté comme étant le porte-parole des combattants d'Abidjan. Il demande également que le président de l'Assemblée nationale soit arrêté par la Cpi. Vous, le commandant de la compagnie des combattants d'Abobo pour la liberté (Ccl), qu'est-ce que vous en pensez ?

Nous sommes surpris par cette déclaration. Nous ne connaissons pas cet individu qui parle au nom des combattants d'Abidjan. Il n'est pas connu dans nos fichiers ; il ne fait pas partie de nos effectifs. Nous connaissons nos éléments. Ils ne sont pas cachés. Ils sont présents dans nos fichiers, mais l'individu qui a parlé est méconnu de nos rangs.

Qu'est-ce qui vous étonne ?

Nous ne connaissons pas. Il n'est pas un membre des combattants d'Abidjan. Ce qui dit est invraisemblable ; je ne sais pas ses motivations. Nous ne nous reconnaissons pas dans ces propos. A Abobo, nous avons procédé au recensement de toutes nos unités. C'est-à-dire, avant la guerre, les unités qui existaient, nous les avons mis ensemble pour former un groupe qu'on a appelé le Ccl, qui est la compagnie des combattants pour la liberté. Ça regroupe toutes les compagnies que nous avons sur place. Avec l'arrivée du commandant Jah Gao, il nous a tous appelé. Nous avons formé un groupe compact autour de lui. Nous travaillons avec lui. La brigade dont il se revendique dans les colonnes du journal l'Inter, on ne l’a pas dans nos fichiers ici. On ne l’a pas connu avant la résistance. On ne l’a pas connu pendant la résistance. Aujourd'hui, on ne le reconnaît pas non plus. On le voit parler au nom des combattants d'Abidjan, ça nous étonne. Lui-même, son visage ne nous dit rien ; on ne sait pas qui il est. On ne sait pas si c'est un individu qui est manipulé par des mains occultes cherchant à jeter l'opprobre sur l'ensemble des combattants d'Abidjan. Donc, c'est pour toutes ces raisons que je vous dis que cela nous étonne.

Et pourtant, il insiste pour dire qu'il fait partie des combattants d'Abidjan.

N'importe qui peut insister. C’est qui est intéressant c'est qu'il parle à visage découvert. Nous avons le répertoire de tous nos responsables ici à Abobo. Tous ceux qui ont dirigé des groupes ici à Abobo sont connus de nos fichiers. Donc, nous, on ne le reconnaît pas. Son nom ne nous dit absolument rien. Nous cherchons à le rencontrer pour savoir au nom de quels combattants il est en train de parler. C’est cela la réalité.

Quelles sont les actions que vous allez mener pour mettre la main sur lui?

Tout est hiérarchisé dans l'armée. Après cette parution, j'ai décidé de convoquer l'ensemble de nos responsables pour que nous puissions, en accord avec le commandant Jah Gao, adopter la conduite à tenir. C'est un individu extrêmement dangereux. Malgré l'effort que le gouvernement est en train de faire aujourd'hui par la réintégration progressive de tous nos éléments, voire des gens faire de telle déclaration, cela nous étonne. Beaucoup de choses ont été faites pour insérer nos hommes, à travers des programmes. Nous nous insurgeons contre cette déclaration. Tout ce qui est humainement possible, nous le ferons pour mettre la main sur lui.

Réalisé par Ouattara Moussa



samedi 10 août 2013

Bouaflé : Trois semaines après la fermeture des mines d’or



Ce que préparent les orpailleurs d’Angovia


Parce que l’heure de la réconciliation a sonné. Après les affrontements meurtriers-les 11 et 12 juillet dernier, bilan : 4 morts et plusieurs blessés, ndlr-les orpailleurs de la mine d’or d’Angovia, village situé à 40 km de Bouaflé, et des 33 autres sites, sont résolus à revivre en bonne intelligence avec leurs tuteurs. Selon Bamba V., un membre influent de l’association des jeunes allogènes l’incident qui s’est produit en juillet dernier est un mauvais souvenir à vite oublier. « Nous regrettons ce qui s’est passé. Nous avons entrepris des démarches auprès des autorités administratives et politiques notamment le préfet de région Gouaméné Adrien et le président du conseil régional Abi Koffi Richard, pour organiser une cérémonie de réconciliation au village», nous a-t-il annoncé lors de nos échanges téléphoniques jeudi dernier. «Nous respectons la décision du gouvernement. On en conscient que nous travaillons dans la clandestinité. On ignorait l’existence d’un code minier. On ne savait pas qu’on devait obtenir un permis d’exploitation. Désormais nous avons l’information à la suite de la visite du ministre de la Défense. Ainsi, nous sommes en train de nous regrouper en coopérative afin d’obtenir une autorisation pour exploiter les mines d’or. Nous voulons sortir de l’inégalité », a insisté notre interlocuteur. «Nous sommes inactifs. C’est la seule activité qui existe au village. Nous n’avons aucune source de revenus pour nous occuper de nos familles. La rentrée scolaire approche à grand pas. Nous devons scolariser nos enfants. C’est notre inquiétude. Nous demandons aux autorités de nous accorder un temps pour nous organiser », a plaidé Diby M. un autre orpailleur du village d’Allahou. Quant à Abi N’Goran Daniel, chef de village d’Angovia, il a indiqué qu’il est en phase avec la démarche des allogènes.  Il a annoncé l’organisation d’une cérémonie, le 7 août prochain, de libation pour exorciser et éloigner les démons de la division. Joint par téléphone, un officier subalterne des Forces républicaines de Côte d’Ivoire basées à Bouaflé a affirmé que la mesure de la fermeture des mines est respectée. Il a relevé que bien avant les affrontements de juillet dernier à Angovia, les forces de l’ordre ont intervenu à deux reprises pour faire baisser la tension en avril 2012. « Vous savez, là où il y a de l’or cela attire les hommes. Et les conflits sont permanents. Nous continuons de parler aux autochtones et aux allogènes pour qu’ils s’entendent dans l’intérêt du village et de la région. Ils sont condamnés à vivre ensemble », nous a-t-il confié hors-micro.


Ouattara Moussa





 Paul Koffi Koffi et la chefferie d’Angovia ont scellé le pacte de la paix